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Un petit-beurre pour la Mayenne, un grand pas pour un homme

Publié par Julien Ruffet le | Mis à jour le
Un petit-beurre pour la Mayenne, un grand pas pour un homme

Est-ce que le boulanger Emmanuel Dairou s'attendait, en créant un simple biscuit, à changer de profession ? Son positionnement ultra-local et qualitatif lui a ouvert les portes du succès.

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C'est un conte de boulanger. Qui se déroule une fois pas très ancienne dans un pays pas lointain. Depuis 2010, Emmanuel Dairou tenait une boulangerie à Bonchamp-lès-Laval, en Mayenne. Et il a l'idée, qui se révélera géniale, de créer une spécialité locale : le Petit beurre mayennais. Un biscuit qui connaît immédiatement le succès, dans sa boutique, puis relayé par les médias. Épiceries fines et grandes surfaces locales viennent alors vers lui.

Avec sa femme, il en contacte d'autres. Et, conséquemment au bon accueil fait à leur petit gâteau, ils décident de vendre la boulangerie pour se spécialiser, et ouvrent une biscuiterie. Une petite boutique leur permet de continuer à vendre sur place, mais 90 % des achats sont faits par des grandes surfaces. "Nous ne démarchons plus personne, mais des grandes surfaces continuent à venir nous voir. Bientôt, nous serons dans toutes celles de la Mayenne.", expose le désormais biscuitier, qui a très bien vécu son changement de profession.

"Ça n'a pas été une décision difficile à prendre. J'ai été boulanger pendant 35 ans, mais j'ai tourné la page, affirme-t-il. En plus, j'avais une dizaine d'employés dans la boulangerie, et j'en avais un peu marre d'avoir du personnel. Maintenant, nous ne travaillons plus qu'à deux, et cela me va très bien !".

De Mayenne et de nulle part ailleurs

Si Emmanuel Dairou ne souhaite pas, pour le moment, engager de nouveaux employés, il est toutefois confronté à une importante charge de travail. Afin de gagner du temps sur la production, il compte sous-traiter le conditionnement des biscuits. Au moment où ces lignes sont écrites, il est en négociation avec l'ESAT de Laval. Une structure choisie pour le travail consciencieux des personnes qui y sont rattachées, et qui s'inscrit parfaitement dans la démarche locale de l'entreprise. Farine de la minoterie Pelluau à Bouchamps-lès-Craon ; beurre de la fromagerie Vaubernier à Martigné-sur-Mayenne...

"Nos matières premières viennent toutes du dépar- tement, ça fait marcher l'économie locale. Il n'y a aucun intérêt à chercher des ingrédients à l'autre bout du pays. Écologiquement, déjà. En plus, le local a le vent en poupe. Ça ne peut avoir qu'un impact positif.", analyse Emmanuel Dairou. Suite à l'ouverture de la biscuiterie, il a également élargi sa gamme : parfums nature, chocolat et spéculoos se sont rajoutés cinq parfums salés. Ainsi qu'une pâte à tartiner, créée en fait dès 2005, lorsqu'Emmanuel Dairou était boulanger au Mans. Garantie sans huile de palme, elle est présentée dans des pots de rillettes, avec une couche de chocolat blanc pour imiter le saindoux.

"J'ai recommencé à communiquer dessus depuis le lancement de la biscuiterie, et nous en vendons 350 pots par semaine, se félicite l'entrepreneur. Pourquoi ça marche ? Parce que c'est très bon !" L'ultra-localisme du biscuitier du Maine risque toutefois de trouver ses limites prochainement. Dans les mois à venir, Emmanuel Dariou aimerait s'ouvrir aux départements limitrophes. À bon entendeur.

Repères

Raison sociale Le biscuitier du Maine

Activité biscuiterie

Ville Changé (Mayenne)

Année de création Février 2018

Dirigeant Emmanuel Dairou, 46 ans

Effectif 2 personnes

CA 2018 175 k€

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Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
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