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Le Cygne, la droguerie douce des Strasbourgeois

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Le Cygne, la droguerie douce des Strasbourgeois

Ceux nés après l'an 2000 l'ignorent peut-être, tant ce type de commerce est devenu rare, mais une droguerie n'est pas un établissement illégal. Celle du Cygne a pignon sur rue, et même sur la Grand'Rue de Strasbourg, depuis 150 ans. Et plus de 100 clients en poussent la porte chaque jour.

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Diane Meyer-Stub, qui a pris la succession de sa mère à la tête du magasin, attribue cette longévité au fait d'avoir su prendre les tournants qui s'imposaient. "Dans les années 1970, 70 % de la droguerie était de la parfumerie/cosmétique. Puis, Marionnaud a ouvert en face, et on a dû se diversifier. Idem quand un magasin de bricolage a ouvert à côté : on a enlevé beaucoup de peintures et remplacé par de la brosserie." Un investissement qui a du sens, car les produits d'entretien représentent environ 25 % du chiffre d'affaires, alors que la présence d'un Mr Bricolage a rendu les ventes de matériel électrique quasiment anecdotiques.

Et la jeune génération n'est pas la dernière à pousser la porte, conquise notamment par l'offre de produits en vrac ou consignés : savon, bicarbonate de soude, vinaigre blanc, etc. "On en a toujours eu, mais ça plaît particulièrement dans le contexte actuel de prise de conscience écologique, souligne Diane Meyer-Stub. Dans une optique 0 déchet, il y a aussi - ce qu'on ne faisait pas avant - les serviettes hygiéniques ou lingettes démaquillantes réutilisables." Diane a également pour désir de toujours proposer des produits de qualité, ce qui recoupe une autre tendance du moment.

"Mais ce n'est pas facile, car il y a de plus en plus de chouettes maisons qui arrêtent, ne trouvent pas de repreneurs, ou font faillite ; et il faut alors chercher de nouveaux fournisseurs, regrette la gérante. Mais quand on trouve une marque qui pourrait être pas mal, elle se retrouve ensuite chez les concurrents d'à-côté ; alors que quand eux l'ont déjà, moi je ne peux pas l'avoir."

Le Cygne contre les Goliath

Si La droguerie du Cygne n'a pas la force de frappe des grandes chaînes, elle a ses propres atouts, dont elle sait jouer. "Le rôle d'une droguerie n'a pas changé : les clients viennent pour avoir un conseil spécifique, constate Diane Meyer-Stub. Et que ce que la plupart des gens recherchent, c'est le contact. Avant, c'était inné : quand les gens avaient besoin de quelque chose, ils allaient à la droguerie. Maintenant, ils font la démarche d'aller dans un petit commerce, parce que c'est agréable. Tous les jours, des clients me disent qu'ils sont heureux qu'on soit là. Et si je n'ai pas ressenti de changements avec l'arrivée du e-commerce, c'est peut-être justement parce que notre clientèle préfère venir chez nous qu'aller sur Internet."

Outre le bon accueil, ses clients viennent aussi se faire plaisir en s'offrant un joli ustensile ou objet de décoration, et Diane Meyer-Stub joue sur ce levier en le combinant avec les nouvelles technologies. La page Facebook de la droguerie lui permet ainsi d'informer ses près de 800 followers des derniers arrivages, et des clients viennent souvent après avoir vu sur le réseau social un objet qui leur a plu. Diane qui est également adepte d'Instagram, plateforme où elle compte plus de 620 abonnés, lui permet de trouver des produits, via laquelle, des marques la contactent parfois directement. Elle s'apprête d'ailleurs à lancer une série de portraits de ses fournisseurs "pour montrer aux clients qui sont les personnes derrière les produits". Amazon n'a qu'à bien se tenir !

Repères

Raison sociale : La droguerie du Cygne

Activité : Droguerie

Siège social : Strasbourg (Bas-Rhin)

Date de création : 1868

Dirigeant : Diane Meyer-Stub, 36 ans

Effectif : 4 personnes

CA : NC

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Auriane Velten

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
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