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Dirigeantes : en réseau, faites exploser le plafond de verre !

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Dirigeantes : en réseau, faites exploser le plafond de verre !

Pour rompre la solitude de la dirigeante rien de mieux que d'échanger avec ses pairs. La parité étant absente de réseaux mixes, adhérer à un réseau de femmes permet d'être accompagnées pour avancer.

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Fondé en 1948, Femmes chefs d'entreprises (FCE) fait figure de réseau historique et incontournable avec près de 2 000 adhérentes, toutes propriétaires d'au moins 20 % de leur entreprise.

Mais rejoindre un réseau n'exclut pas d'adhérer à plusieurs associations, car toutes n'ont pas la même vocation. "La plupart des réseaux étant masculins, les femmes manquent de contacts avec leurs pairs pour échanger sur leurs problématiques ", note Emmanuelle Gagliardi, présidente de Connecting Women, agence experte en mixité. Rompre la solitude du chef d'entreprise, telle est, en effet, la première raison pour rejoindre un réseau.

Ce qui vaut pour la gent masculine vaut pour les femmes. D'autant qu'elles ont un supplément de charges à assumer ... "Un homme, plus il a d'enfants, plus il travaille. Pour une femme, c'est différent : plus elle a d'enfants, plus son quotidien se complexifie", lâche Emmanuelle Gagliardi. D'ailleurs, renchérit Patricia Chapelotte, présidente de Génération femmes d'influence (GFI), " dans les réseaux mixtes, il n'y a que des hommes, car les femmes sont encore responsables du dîner et des enfants !" La parité n'est pas encore gagnée ...

Se rassurer, s'entraider

"Rester seule est suicidaire. Pour développer une entreprise, accompagner sa croissance, une dirigeante doit savoir s'entourer. L'écosystème dans lequel elle évolue est primordial dans sa réussite", explique Emmanuelle Gagliardi.

Il s'agit autant d'échanger sur ses doutes que d'apprendre de l'expérience des autres. Les femmes semblent plus vulnérables que les hommes ou, du moins, plus enclines à l'autosabotage. "Nous sommes seules face aux prises de décisions. Le réseau permet de lâcher prise, de partager nos questionnements, nos doutes, c'est très rassurant", confirme Anne-Sophie Panseri, présidente de FCE et dirigeante de Maviflex.

"C'est fou ce que les rendez-vous avec mon mentor au sein du réseau Women Initiative Foundation (WIF), Eve Magnant, patronne RSE chez Publicis Groupe, m'ont aidé", témoigne Sibylle de Villeneuve, CEO de l'agence Raoul de relations presse. Celle qui, a priori, ignorait qu'elle avait besoin d'être accompagnée s'est vite rendu compte des écueils auxquels elle devait faire face.

"J'ai appris, par exemple, à mieux 'pricer' mes honoraires, à me séparer d'un collaborateur incompétent..., précise-t-elle. Les échanges sont sérieux, qualitatifs."

Sibylle de Villeneuve a aussi participé à un programme d'entrepreneuriat à Stanford. Une semaine à confronter son expérience à celles de dirigeantes venues du monde entier et à suivre des cours, "tellement inspirants !"

Piocher des compétences

"Chez GFI, les membres sont créatrices d'entreprises ou en cours de reprise. Elles viennent d'horizons différents, certaines de professions libérales - avocates, notaires, experts-comptables -, l'idée étant de partager les expériences sur des sujets communs, mais aussi de piocher des compétences et de faire du business", confie Patricia Chapelotte.

Les rencontres servent aussi à prendre l'air. Patricia Chapelotte met son carnet d'adresses au service du réseau et organise des déjeuners mensuels avec une personnalité du monde économique ou politique. Rachida Dati et Olivia Grégoire (députée LREM qui a notamment porté la Loi pacte) se sont ainsi prêtées au jeu. "On est là pour se faire du bien", résume la protagoniste de ses rencontres.

GFI organise également un prix pour mettre, chaque année, des talents sous les projecteurs. D'un réseau à l'autre, la cible diffère. Certains s'adressent aux créatrices d'entreprise (Action'elles), d'autres aux dirigeantes.

Certains sont spécialisés par secteurs d'activité, d'autres par taille d'entreprise. Chaque dirigeante s'oriente selon ses besoins et le moment de vie de son entreprise. Choisir un réseau, c'est avant tout rejoindre une équipe. "C'est une histoire de relations humaines, c'est très personnel", avoue Anne-Sophie Panseri. "Les réseaux sont intimement liés à la personnalité de leur présidente, qui les anime, donne une tonalité" , ajoute Emmanuelle Gagliardi.

Pour ne pas se tromper, il faut consulter le site Internet du réseau, lire sa présentation, prendre connaissance de son fonctionnement, aller aux portes ouvertes, rencontrer des adhérentes et, pourquoi pas, contacter la présidente pour une première discussion. Sans craindre de se frotter à des profils différents.


" L'accompagnement se fait sur la durée "

"Aux débuts de Connecthings, j'ai ressenti le besoin d'être accompagnée sur des points stratégiques pour notre développement et notre croissance ", raconte Laetitia Gazel Anthoine, fondatrice de la start-up éditrice de la solution de localisation intelligente Herow, qui aide les développeurs et marketers d'applications mobiles à mieux connaître leurs utilisateurs, et à les contacter au bon endroit et au bon moment. À l'époque, elle entend parler de Women Business Mentoring Initiative, programme précédent la fondation de WIF, lancé à l'initiative, entre autres, de Martine Liautaud. Le but : créer un dispositif sur mesure dédié aux femmes entrepreneures. Elle est séduite par les parcours des fondatrices du réseau - pour la plupart alumni de la Stanford Business School -, qui en disent long sur le niveau d'accompagnement et de conseil proposé. Trois ans après le lancement de l'entreprise, elle est retenue pour le programme de mentoring. Ses apports ? Le partage d'expérience."L'accompagnement avec notre mentor se fait sur la durée et permet de tisser une relation de qualité durant laquelle on est suivie à chaque étape importante pour notre entreprise, positive ou non. On bénéficie alors des conseils les plus judicieux pour prendre des décisions. C'est une vraie valeur ajoutée au quotidien, car on a la chance d'être accompagnée par des personnes ayant un bagage considérable." À l'issue de cette expérience réussie, la dirigeante est heureuse de continuer à participer au programme en tant que mentor et responsable du bureau de New York. Elle accompagne à son tour des entrepreneures françaises souhaitant s'internationaliser.


Connecthings

Édition de logiciel, plateforme de marketing mobile

Laetitia Gazel Anthoine, fondatrice
et présidente, 48 ans

SAS > Création en 2007 > 40 salariés

Levée de fonds > 17,5 M€

CA 2018 N

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Véronique Méot

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
rédacteur en chef

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