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Les binocles, l'optique sur-mesure face au standard

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Les binocles, l'optique sur-mesure face au standard

Quand un opticien veut percer malgré la force de frappe des grands industriels de son secteur, il peut miser sur la qualité, le service au client et le respect de l'environnement.

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Des centaines, parfois des milliers de références... mais avec des lunettes qui se ressemblent beaucoup. C'est le constat que n'importe quel client peut faire en entrant dans une boutique franchisée de l'un des mastodontes de l'optique : selon les modes, toutes les montures ou presque sont rectangulaires, et il est presque impossible d'en trouver des rondes... Cinq ans après, la mode s'étant inversée, c'est le client qui cherche des rectangles qui n'en trouve plus !

Ce constat, Émeline Sordé et Lucas Brunet, qui n'ont même pas encore fêté leur trentième anniversaire, l'ont fait aussi en créant en 2013 un magasin d'optique à Tinqueux, commune de la proche banlieue rémoise.


Au-delà de l'uniformité des looks, ils se posèrent la question de l'inadaptation de ces modèles standardisés à la morphologie de chacun. Car un nez "européen" n'a pas la même courbure qu'un nez "africain" moyen, sans parler du vieillissement, des maladies déformantes, ou du nez écrasé d'un boxeur ou d'un rugbyman. Une différence d'angle d'une dizaine de degrés selon les cas, qui peut rendre le port de lunettes inconfortables s'il s'agit de montures produites en grande série, selon un profil moyen que personne, ou presque, n'a dans la réalité...

Des montures en fibre de coton biodégradable

Il fallait donc fabriquer sur place. Et ce pari, qu'Émeline et Lucas firent dès 2014, se trouva vite confirmé : le sur-mesure représente aujourd'hui huit lunettes sur dix vendues dans leur magasin de Tinqueux, ville pavillonnaire qui compte de nombreux espaces verts. Ce qui résonne avec l'autre caractéristique des "Binocles" : leur fabrication en matériaux écologiques. Car il n'était pas question d'utiliser du plastique. La gamme est composée d'acétate de cellulose, un mélange de fibres de coton. Après avoir discuté avec le client de sa vie quotidienne et de ses besoins, il faut encore deux à trois heures en atelier pour fabriquer sa monture. À l'exception de la première découpe, réalisée à la machine, tout le reste est fait à la main, et sur place.

Le magasin n'ayant rien à cacher, l'atelier peut même se visiter ! Comme les restaurants qui, de plus en plus, ouvrent leur cuisine sur la salle, Les Binocles veulent fidéliser leur clientèle en les associant au processus de production. La plaque dans laquelle la monture est découpée peut même devenir un bibelot : si le client le souhaite, elle sera transformée sur place pour une dizaine d'euros en porte-clefs... ou tout autre objet laissé à l'imagination de chacun. Les montures, elles, ne coûtent que 260 à 360?€. Et déjà, les Binocles sont distribuées dans toute la France et au Canada par plus de quarante opticiens partenaires, ainsi que dans une deuxième boutique de la marque à Châlons-en-Champagne. Et bientôt en Aquitaine et dans l'est de la France, que deux commerciaux prospectent en ce moment même...


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Frédéric Villiers

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
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