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[Interview] Jean-Marc Doucet (François Doucet Confiseur): "Notre ancrage régional, ce n'est pas un simple affichage publicitaire !"

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[Interview] Jean-Marc Doucet (François Doucet Confiseur): 'Notre ancrage régional, ce n'est pas un simple affichage publicitaire !'

Une entreprise qui régale toute la Provence - et au-delà - depuis 1969, et un magasin d'usine qui fête ses trente ans : Doucet Confiseur a transformé les traditions ancestrales en success-story, au pays des amandes et des pâtes de fruits. Jean-Marc Doucet, fils des fondateurs, se confie.

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Comment l'histoire de l'entreprise a-t-elle commencé ?

Jean-Marc Doucet: Ma mère Maggy disait que l'image qui lui venait, lorsqu'elle pensait à notre démarrage il y a cinquante ans, c'était deux boeufs - mon père et elle - attelés à une même charrue... qu'ils ont bien été obligés de tirer pour creuser leur sillon !

Bref, il a fallu de l'huile de coude, beaucoup d'efforts, mais aussi leur talent, pour faire de FDC - François Doucet Confiseur - ce qu'il est aujourd'hui : une marque connue en France et à l'international, et plus encore dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, particulièrement dans notre département des Alpes de Haute-Provence.

Cet ancrage, vous le cultivez par votre politique commerciale...

Disons que nous remercions le public de sa fidélité ! C'est pour ça que nous avons, cet automne, fêté notre demi-siècle par des promotions exceptionnelles. Les quatre jours précédant le 11 novembre, afin de célébrer dignement notre anniversaire, nous avons proposé moins 37 % sur toutes les références du magasin ! Non pas un déstockage des invendus, mais une opération spéciale et volontaire : les confiseries en question ont été fabriquées tout exprès... et à chaque fois qu'un tel événement est organisé par notre magasin et nos ateliers, il y en a pour environ dix tonnes !

La fidélisation de la clientèle, chez nous, c'est du sérieux. D'autant qu'avec l'approche des fêtes de fin d'année - et pour nos produits, qui se conservent bien - l'occasion est toujours idéale pour les habitués de se constituer quelques stocks, pour offrir ou s'offrir à Noël prochain...

La confiserie, la transformation des fruits, c'est une vraie tradition dans la région : on pense aux treize desserts de Noëls provençaux...

En effet : lorsque, tout jeune couple, mes parents François et Maggy se sont installés, ils ont repris un petit bijou : un des derniers "cassoirs" d'amandes. C'était déjà au même endroit qu'aujourd'hui : à Oraison. Ici, tout est tradition ! En provençal, la commune s'appelle d'ailleurs "Aurasoun" : les panneaux d'entrée de ville portent les deux noms.

Nous sommes fiers de participer à la vie d'une jolie petite ville de six mille habitants avec castels, fontaines, vieux ponts romans et toits de tuiles, nichée dans un vallon environné de bois et de garrigues. Entre les collines couvertes d'oliviers, d'ifs et de lavande, à deux pas de villes aux noms chantants que sont Manosque, Digne et Sisteron, on ne pouvait pas être plus "Provence"" !

Comme tous les confiseurs, vous accompagnez en effet les tables de fête et les petits cadeaux, mais vous êtes aussi parfois vous-même le centre de la fête !

Oui, la mémoire de mes parents, Maggy et François, a été célébrée lors de la 11e fête de l'amande. Il faut dire que pas moins de 75 % des fruits utilisés pour les pâtes de fruits ou les produits chocolatés de la maison viennent de Provence... et un tiers des amandes produites en France sont utilisées par François Doucet Confiseur !

Nous achetons des abricots des Baronnies, de la poire de Sisteron, de la pomme de Durance, des pêches du Rhône, des coings et des figues de Provence... Ce n'est pas un simple affichage publicitaire ! Entre notre souci de qualité et notre implication dans le tissu économique régional, nous sommes fiers que nos deux grands week-ends annuels de promotions, avant Pâques et avant Noël, soient devenus des événements à ne pas rater par les Provençaux et les touristes de passage.

Une matière qui n'est pas si abondante...

Nous y pourvoyons : des replantations d'amandiers sont en cours, car la production locale ne suffit pas à l'activité florissante de la confiserie française ! Au printemps dernier, nous avons planté deux mille deux cents amandiers, soit plus de huit hectares : nous collaborons avec la chambre d'agriculture des Alpes-de-Haute-Provence et le Crédit Agricole dans le cadre d'un plan de relance de la culture de cet arbre. C'est une activité traditionnelle, mais qui depuis longtemps était en déclin dans la région. Or nous voulons - et nous croyons - que l'amande française a un avenir.

En juillet de l'an dernier, tous les acteurs de la filière, dont nous bien sûr, se sont réunis pour créer l'association française interprofessionnelle de l'amande, baptisée "France Amande". Il y avait un réel besoin ! Notre verger est même appelé à se développer... ce qui n'est pas une mince affaire dans la mesure où l'amande est une culture difficile, surtout en bio. Mais nous relevons le défi. Nous sommes une entreprise de terroir, et il est quand même logique de faire appel à des produits locaux.

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Frédéric Villiers

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