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Une boutique d'antan, pourquoi pas moi ?

Comment surfer sur cette tendance des boutiques d'antan pour revisiter ou dynamiser son propre commerce ? Nos conseils à suivre...

1- S'installer dans un commerce ancien, qui a conservé ses décors d'origine (vitrine, comptoir, meubles de rangement en bois, mosaïques, miroirs, boiseries, moulures...) que vous pourrez conserver et restaurer à l'identique.

2- Chiner des meubles et accessoires anciens, utiliser des matériaux de récupération (carreaux de ciment, caisses de bois, robinetterie ancienne...) pour donner une touche vintage à votre magasin.

3- Confier votre aménagement à un agenceur spécialisé dans les magasins "à l'ancienne" qui fera appel à des artisans : ébénistes, miroitiers, peintres décorateurs utilisant des techniques et des matériaux d'autrefois (peinture à la feuille d'or sur la vitrine, par exemple).

4- Sélectionner vos produits avec soin en choisissant des fournisseurs de qualité, fabriquant en France en petite quantité et de manière artisanale. Mettre en valeur vos produits et être capable d'en parler à vos clients.

5- Utiliser les réseaux sociaux et les canaux de communication habituels pour raconter l'histoire de votre boutique, et l'origine des produits vendus.

La droguerie à l'ancienne revisitée

Aussi sophistiquée soit-elle, la nostalgie n'empêche pas la quête de modernité, voire de design, pour les produits du quotidien issus de l'artisanat ou de fabriques traditionnelles. Dans la lignée des magasins généraux et des bazars d'autrefois, les drogueries-quincailleries-merceries dans lesquelles on trouvait tout le nécessaire à l'équipement d'un ménage, réunissent aujourd'hui des objets et des produits d'antan, beaux, utiles et respectueux tout en restant accessibles.

L'un des plus magnifiques exemples de droguerie est la "Maison Empereur", 4 rue des Récolletes, à Marseille. Créée en 1827, c'est un lieu incontournable et une enseigne emblématique pour de nombreuses générations de marseillais. A Rouen, la "Droguerie Deconihout", une droguerie familiale, installée rue du Gros Horloge depuis 1921, remporte toujours autant de succès, avec quatre générations de la même famille à la tête de l'entreprise. C'est une inspiration pour beaucoup de jeunes commerçants, qui se lancent dans l'aventure d'une boutique.

Face à la disparition de ce type de magasins, Quentin Senterre a voulu créer un magasin entre tradition et innovation, en ouvrant le 25 avril 2018 "la Droguerie Parisienne" dans le 11e arrondissement de Paris. Dans un décor sobre, il propose, par exemple, une sélection pointue de brosserie et de savonnerie, que l'on ne trouvait presque plus dans les drogueries. "Je reprends des objets qui existaient déjà autrefois, comme les savons de Marseille, les antimites, la terre de Sommières ou la brosserie de qualité et j'y ajoute des produits innovants, mais fabriqués à l'ancienne, comme les brosses pour ordinateurs portables." Son magasin répond totalement à un besoin des clients du quartier, de tous les âges, et séduit les touristes, qui transitent nombreux devant son magasin, à mi-chemin entre la station de métro et l'Atelier des Lumières, une nouvelle attraction parisienne à succès.

Il s'inscrit dans le sillage de Frédéric Périgot, créateur il y a 26 ans de "la Droguerie Périgot", qui avait décidé de sortir du placard des produits que l'on cachait jusqu'alors. "Nous avons fait renaître des produits qui n'existaient plus, comme les plumeaux télescopiques ou avec des tiges chromées, ou de très beaux seaux en inox, avec l'objectif de maintenir des savoir-faire disparus, dans la brosserie ou la fabrication de balais." Pour ne pas se laisser enfermer dans la nostalgie, il confie dès le début la conception des objets vendus dans sa boutique à des designers comme Philippe Starck. "Lorsque nous avons créé la société, nous avons voulu rendre jolis et accessibles tous les objets du quotidien et les produits de ménage." Des produits lancés ou retrouvés en 1981 qui sont, encore aujourd'hui, des best-sellers. Ce qui prouve bien que le passé retrouvé est aussi un secteur d'avenir...

"Je suis parmi les premiers à Marseille à avoir créé ce type de décor"

C'est un repère pour beaucoup d'hommes marseillais. Le salon Le Barbier de Marseille, boulevard National dans le 3e arrondissement, attire l'oeil avec son look vintage, peaufiné par Mehdi Bouzghaia au fil des années. "Lorsque j'ai ouvert le salon en 2009, il avait un look plus moderne. C'est en 2015 que, par nostalgie, j'ai décidé de chiner de vieux objets que j'avais chez moi." Boîtiers d'anciens appareils photos, téléviseur, téléphone et même un trophée de chasse appartenant à son père.

Résultat, son salon est devenu un musée, qui attire des clients venus de loin, ou des célébrités, comme Pamela Anderson et les joueurs de l'OM. "Beaucoup de mes clients viennent pour prendre soin d'eux-mêmes et se faire plaisir, dans un beau cadre qu'ils aiment." Il faut compter jusqu'à trois semaines pour obtenir un rendez-vous avec Mehdi, qui propose des forfaits de 30 minutes à 2 heures pour la barbe, les cheveux ou les soins du visage. Une clientèle âgée de 30 à 60 ans qui apprécie le côté nostalgique de la déco. "Je suis parmi les premiers à Marseille à avoir créé ce type de décor. En un an, j'avais plus que doublé le nombre de mes followers sur Instagram. Aujourd'hui, ils sont près de 14 000." Fort de son succès, Mehdi ouvrira dans quelques mois un nouveau salon rue de la République, dans les quartiers chics de Marseille, avec encore beaucoup de bois et de métal. Plus qu'un coiffeur-barbier, il a d'abord créé une marque !

Raison sociale : Le Barbier de Marseille

Activité : Coiffeur-barbier

Siège social : Marseille (Bouches-du-Rhône)

Création : 2009

Dirigeant : Mehdi Bouzghaia, 41 ans

Effectif : 2 personnes

CA 2017 : NC

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Delphine Goater et Françoise Bougenot

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
rédacteur en chef

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