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Commerce : SOS, j'ai des travaux dans ma rue !

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“Galère”, c'est le mot qui revient dans la bouche des commerçants qui doivent composer avec des travaux dans leurs rues. Une gêne qui menace directement leur activité. Voici quelques astuces qui ont vocation à soutenir votre point de vente pendant cette période de turbulences.

Commerce : SOS, j'ai des travaux dans ma rue !

La grogne des commerçants gagne dans nombreuses villes de l’Hexagone. La raison de leur désarroi ? Des travaux, bruyants, qui bloquent la circulation dans leur rue, faisant fuir les clients. « Le problème se généralise. De plus en plus de métropoles se modernisent et réalisent des chantiers lourds, comme la mise en place de lignes de tramways, qui durent souvent plusieurs années », explique Gérald Barbier, vice-président de la Gérald Barbier, vice-président de la chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) et auteur, en 2010, d’un rapport sur l’accompagnement des entreprises touchées par des travaux d’aménagement urbain. Pour éviter ces mécontentements, les mairies, les chambres consulaires et les maîtres d’ouvrage s’efforcent d’organiser des concertations en amont. Le but étant de convier les commerçants à des réunions et de les alerter sur les changements à venir. « Ils peuvent ainsi s’organiser et se rapprocher, six mois avant le début du chantier, des services des impôts, du RSI ou encore de l’Urssaf pour négocier des délais de paiement », explique Gérald Barbier.

Négocier une suspension temporaire des travaux

Autre astuce : pour donner plus de portée à votre action, regroupez-vous en association. Vous aurez ainsi plus de chance d’amorcer un dialogue constructif avec les élus. Pour Yann Kernarrec, président de l’Union des commerçants et artisans de Lesneven et du Folgoët (Ucalef), basée en Bretagne, la présence d’une association est en effet impérative. « En apprenant l’existence d’un chantier de modernisation de notre centre-ville, nous avons décidé de nous regrouper pour obtenir une suspension des travaux pendant la période des fêtes de Noël et la période estivale, qui représentent souvent 50 à 60 % du chiffre d’affaires des commerces », se satisfait le président de l’Ucalef, qui rassemble 60 adhérents.

S’il n’existe pas d’association, ou si celle qui existe est en sommeil, il est conseillé d’en créer une pour la période des travaux. « Elle joue, pendant toute la durée des travaux, un rôle important de relais, d’expression des besoins et pourra être consultée sur diverses problématiques économiques. Et notamment si vous sollicitez une demande d’indemnisation auprès de la commission de règlement à l’amiable (CRA) », poursuit Gérald Barbier. La procédure d’indemnisation est en effet rigoureuse. Les commissions étudient les dossiers qui justifient au minimum d’une perte de 10 % de revenus. Les dédommagements sont calculés sur la perte de chiffre d’affaires et les préjudices directement liés au déroulement des travaux. Il est donc primordial de fournir vos deux derniers bilans, ainsi que le nouveau. Toutefois, si votre requête est retoquée par la commission, vous pouvez en déposer une nouvelle l’année suivante. Ou déposer un recours auprès du tribunal administratif.

Ajustez vos stocks

Autre solution, il est préconisé d'anticiper vos achats en fonction des prévisions de ventes, qui peuvent à certaines périodes de travaux se réduire de façon importante. Cela suppose donc une gestion des stocks affinée, afin de ne pas trop acheter au risque d'engendrer des problèmes de trésorerie. Pour limiter la casse, la gestion des prises de congés du personnel peut être aussi envisagée en fonction des dates du chantier. Le recours au chômage partiel constitue également une solution potentielle. Différentes méthodes existent pour maintenir le cap. Mais n’oubliez pas un point important : ces chantiers de modernisation et ces nouveaux aménagements vous procureront, à terme, des retombées positives. Pensez à l’avenir !