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Les petits commerçants sceptiques et résignés

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Malgré leur poids économique et une cote d'amour élevée auprès des Français, les petits commerçants craignent pour l'avenir de leur commerce et se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

Les Français les adorent et pourtant le moral des petits commerçants n'est pas au beau fixe. C'est ce que révèle la 9e vague de l'Observatoire des commerces de l'Ifop pour Médicis publiée le 14 mars. Deux tiers d’entre eux restent satisfaits de l’activité de leur entreprise (64 %), soit une baisse de trois points par rapport aux résultats de l'observatoire de février 2008. Près d'un commerçant sur deux constate une baisse de fréquentation de sa clientèle et donc une diminution de son chiffre d'affaires. L’hôtellerie, la restauration et l’immobilier sont des secteurs particulièrement touchés par la baisse de leurs résultats. Les grandes entreprises, en revanche, semblent bénéficier d’une conjoncture plus favorable : 26 % des commerces de plus de dix salariés enregistrent une évolution positive de leur chiffre d’affaires.

Globalement, 86 % des commerçants sont inquiets pour l’économie de la France (+ 14 points par rapport à 2009) et 70 % pour l’avenir de leur propre commerce (+ 16 points). 94 % des commerçants craignent de voir les petits commerces disparaître et se disent préoccupés par le montant des charges. La disparition des petits commerces est notamment un sujet de préoccupation majeur pour les personnes exerçant dans les secteurs de l’alimentation générale et des métiers de bouche, dans l’hôtellerie restauration et le commerce de détail. Cette crainte se fait également davantage sentir en milieu rural (77 % contre 65 % en agglomération parisienne).

Un regard critique sur l’action présidentielle

Sans surprise, les commerçants sont nombreux (87 %) à déplorer la dégradation en cinq ans de la situation économique de la France. Les commerçants qui avaient massivement voté pour lui en 2007 critiquent aujourd’hui majoritairement le président de la République sur son bilan, à la fois en ce qui concerne la conduite générale de sa politique (56 % d’insatisfaits) et sa politique économique (59 %). Un scepticisme qui se ressent aujourd'hui puisque deux tiers des sondés avouent se désintéresser de la campagne présidentielle.