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"Dans un commerce associé, chaque entrepreneur reste maître de son destin"

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Mode d'organisation participatif, état d'esprit 100% coopératif... Autant de points qui distinguent le commerce associé de la franchise. Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la Fédération du commerce associé (FCA), revient sur ce modèle, certes impliquant mais générateur de gains importants.

Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA

Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA


Comment distinguer un commerce associé d’une franchise ?

Ces deux modes de commerce organisé sont très différents. Et pour cause : contrairement à la franchise, le commerce associé, en tant que réseau de points de vente indépendants, est le fruit d’une volonté commune d’entrepreneurs de se regrouper. Il s’agit donc d’acteurs d’un même secteur qui décident de travailler ensemble, dans le cadre d’une coopérative de commerçants ou d’un groupement, pour gagner en performance. Et ce, via la mutualisation des moyens (achats, communication, etc.) Or, cet esprit 100 % coopératif ne prévaut pas dans la franchise, qui repose d’abord sur une tête de réseau, incarnée par un franchiseur. Son objectif ? Développer un concept et un savoir faire à destination des franchisés. Rien à voir, donc, avec le commerce associé, où la création d’un tel savoir faire incombe à chaque membre et est ainsi détenu par tous.

Quelles sont les conséquences, en termes de fonctionnement ?

Absence de tête de réseau, prise de décision démocratique (un homme = une voix), etc., les implications d’un tel fonctionnement sont nombreuses. Parmi lesquelles, l’absence de paiement d’un droit d’entrée, troqué toutefois par une participation de l'entrepreneur au capital du réseau (coût moyen, entre 1 500 et 2 000 euros). Des parts sociales remboursées à ce dernier, lorsqu’il décide de partir de l'enseigne. De principe, la collaboration est donc ici à durée indéterminée, a contrario du contrat de franchise, systématiquement limité dans le temps. Codécisionnaire de toutes les orientations prises par l’enseigne, l’entrepreneur est ainsi maître de son destin. Exit les mauvaises surprises, il ne se réveille pas un matin en apprenant un changement de concept de l'enseigne, une hausse de cotisations ou encore la venue d’un nouvel actionnaire. En effet, comme le réseau est détenu par tous, il n’est pas sujet à l’OPA (offre publique d’achats) et ne peut donc pas aller en Bourse.


Ce mode d’organisation participatif doit supposer un fort investissement de la part des membres…

En effet, le maître-mot d’un tel modèle est l’implication. Ainsi, les plus investis, la plupart membres du conseil d’administration, doivent consacrer pas moins de deux jours par semaine au réseau. Tandis que les autres sont davantage sollicités pour des commissions, groupes de travail, etc., sur des thématiques précises (création d’une centrale d’achats, d’un site marchand commun, etc.) Cet esprit de coopération s’inscrit dans une logique gagnant-gagnant : savoir donner le maximum au réseau pour en tirer, in fine, des bénéfices de taille. Preuve qu’un tel modèle s’avère payant, tous nos membres enregistrent aujourd’hui une croissance annuelle supérieure à celle de leurs marchés respectifs.

Zoom : le poids du commerce associé en France

Fort d’un chiffre d’affaires global de 123 milliards d’euros (2010), le commerce associé pèse environ deux fois plus que le marché de la franchise. Ainsi, il représente 28 % du commerce du détail en France (contre 13 % à 15 % pour la franchise).

Le secteur compte aujourd’hui environ 140 enseignes de dimension nationale, réparties sur une trentaine de marchés. Parmi les réseaux les plus connus : Leclerc, Intersport, JouéClub, Optic 2000...

Source : FCA.