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Choisir sa franchise : les 6 erreurs à ne pas commettre

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La franchise vous séduit ? Attention, si cette organisation a fait ses preuves, elle n'est pas une assurance tous risques. À vous de mener l'enquête avant de choisir avec qui vous embarquez !

Choisir sa franchise : les 6 erreurs à ne pas commettre

Le franchiseur est le responsable de la stratégie à long terme. Le franchisé, quant à lui, est un chef d’entreprise indépendant qui joue le rôle d’ambassadeur de l’enseigne et applique son concept. « Ne pas comprendre le sens de cette relation et méconnaître le mode organisationnel de la franchise peut conduire à l’échec », affirme Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise.

« La franchise est une délégation croisée de pouvoir. Le franchisé s’engage à suivre le concept et à appliquer les consignes, il doit s’interroger sur sa capacité à accepter ces contraintes », ajoute-t-elle. Le créateur d’entreprise doit donc être conscient des risques qu’il prend. Voici les six erreurs à éviter.

1. Choisir une activité par défaut

Chef d’entreprise indépendant, le franchisé ne compte pas ses heures de travail. Or, pour être heureux dans son entreprise, il doit aimer ce qu’il fait. Même si ses fonctions de dirigeant l’amènent à manager et à gérer l’entreprise, le franchisé doit choisir un secteur d’activité qui le passionne et une offre (produits ou services) à laquelle il adhère. En franchise, comme dans toute création d’entreprise, l’adéquation homme / produit prime, même si, dans ce modèle économique, une première expérience dans le secteur d’activité choisi n’est pas nécessaire.

2. Manquer de vigilance face au réseau

Une fois le secteur d’activité choisi, le porteur de projet doit rencontrer plusieurs têtes de réseaux. Pas question d’arrêter son choix sur une première impression. Certes, il s’agit d’une affaire d’hommes (ou de femmes) et il vaut mieux que le courant passe, mais ce n’est pas suffisant. Certains réseaux emploient d’excellents commerciaux que d’aucuns trouveraient sympathiques.

Le choix s’opère sur des critères rationnels. Les réseaux sont comparés sur plusieurs points : la notoriété, le DIP (Document d’information précontractuel), la transparence des chiffres fournis (la marge brute des franchisés notamment), la « bible » (c’est-à-dire le manuel d’exploitation) ou les éléments que la tête de réseau aura bien voulu communiquer, sa capacité à accompagner les franchisés, le programme de formation, etc.

3. Ne pas vérifier les comptes du franchiseur

« Face à un jeune réseau, le futur franchisé doit vérifier que le franchiseur dispose des capacités financières suffisantes pour développer les outils propres à la franchise », prévient Bernard Tardy, gérant du cabinet conseil RBC. Les comptes annuels des deux derniers exercices du franchiseur doivent figurer dans le DIP. A défaut, il est possible de vérifier les comptes déposés auprès de sites spécialisés comme www.infogreffe.fr ou www.societe.com.

Les banques peuvent également communiquer quelques informations à la banque du créateur d’entreprise. « Attention aux réseaux qui ne déposent pas leurs comptes ! », alerte encore Bernard Tardy. Le franchiseur réalise son chiffre d’affaires grâce aux redevances. L’absence de bilan interroge. Le concept peine-t-il à trouver son marché ? Le réseau se développe-t-il trop rapidement ?

4. S’abstenir d’enquêter auprès des franchisés

Le DIP doit fournir la liste complète des franchisés et leurs coordonnées. L’objectif est de permettre aux futurs franchisés de mener l’enquête sur le terrain en rencontrant cinq ou six franchisés. Voire plus en cas de réseau récemment fondé. Le franchiseur a forcément un discours positif lorsqu’il décrit son réseau, les franchisés sont plus critiques. Ils peuvent en dire long sur la qualité de l’accompagnement, les formations, mais aussi la rentabilité du concept, etc. Une astuce consiste à noter leurs réponses et à les confronter aux informations du DIP.

5. Se passer des conseils d’un avocat

Le contrat doit être lu et décrypté par un avocat pour vérifier les obligations réciproques et, le cas échéant, négocier certaines clauses. Les clauses concernant l’entrée et la sortie du réseau sont particulièrement importantes. La clause de transfert et le droit de préemption sont examinés à la loupe car ils peuvent réserver de mauvaises surprises.

6. Ne pas prendre ses responsabilités

En tant que chef d’entreprise indépendant, le franchisé est responsable de la gestion de son fond de commerce, de ses salariés, etc. C’est pourquoi, il doit d’emblée prendre ses responsabilités : s’engager dans un projet à sa mesure – selon ses fonds propres – et ne pas parier sur une rentabilité excessive. Au contraire, son prévisionnel doit être conforme à celui d’une entreprise équivalente et en cohérence avec son projet.