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Les mesures de Macron et Le Pen pour les commerçants de proximité

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Alors que le second tour de l'élection présidentielle va opposer, dimanche 7 mai 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, focus sur les principales mesures économiques qu'ils proposent et qui impactent les commerçants.

Les mesures de Macron et Le Pen pour les commerçants de proximité

Choisissez directement le candidat ou la thématique souhaitée :

Emmanuel Macron

- Fiscalité
- Organisation du travail
- Formation
- Chômage et retraite
- RSI

Marine Le Pen

- Compétitivité
- Fiscalité
- Organisation du travail
- Formation
- RSI et retraite

Emmanuel Macron

Fiscalité

"Pour faire face aux défis qui sont ceux de vos métiers et de vos professions, le premier point, le point le plus important c'est évidemment de pouvoir embaucher et investir", déclarait Emmanuel Macron devant les commerçants, lors d'une visite à Rungis, mardi 18 avril 2017. Sa solution ? Ramener l'impôt sur les sociétés (IS) à 25 %.

Le chef de file du mouvement En Marche! veut aussi supprimer les charges sur le Smic ainsi que sur les bas salaires. "Nous aiderons les entreprises à embaucher en baissant les cotisations sociales employeurs de six points en remplacement du CICE, et jusqu'à dix points au niveau du Smic", précise son programme. Des mesures qui auront un impact direct sur les finances des entreprises. "Les employeurs économiseront près de 1 800 euros par an et par salarié au Smic, 2 200 euros par an pour un salarié payé 3 000 euros bruts par mois", indique le document.

Pour aller plus loin, Emmanuel Macron compte aussi exonérer les heures supplémentaires de cotisations sociales.

Autre particularité de son projet : les entreprises "recourant exagérément aux contrats courts" paieront plus de charges, contrairement aux organisations créatrices d'emplois stables, qui en paieront moins.

Organisation du travail

Artisan de la généralisation de l'ouverture dominicale des commerces avec la loi Macron, le candidat veut donner la possibilité aux entreprises de pouvoir négocier le temps de travail et les horaires au niveau de l'entreprise ou de la branche professionnelle. Si les grands principes restent fixés dans la loi, accords majoritaires ou référendums d'entreprise permettront d'établir des règles en fonction des situations particulières de chaque société.

Par ailleurs, afin de simplifier la gestion administrative des professionnels, Emmanuel Macron mettra en place un site internet visant à informer les TPE et PME de leurs obligations légales.

Formation

Pour encourager la relève, Emmanuel Macron veut développer l'apprentissage. Pour cela, il entend renforcer les filières en alternance dans les lycées professionnels. Il veut également redonner la main aux branches professionnelles pour que l'organisation du travail et la formation soient en adéquation avec les besoins réels des entreprises. Par exemple, dans un restaurant, un apprenti doit ­pouvoir adapter ses horaires au rythme de l'activité et participer si besoin au service du soir.

Par ailleurs, il évoque la mise en place d'un contrat unique en étendant le "zéro charges" amélioré pour les plus de 18 ans. Ce contrat sera géré par un guichet unique. Enfin, Erasmus sera étendu aux apprentis. "200 000 étudiants et apprentis français partiront chaque année dans un pays de l'Union européenne", assure-t-il dans son programme.

Chômage et retraite

Emmanuel Macron, qui conserve l'âge légal de départ à la retraite, fera en sorte, s'il est élu, que les commerçants cotisent aussi pour leurs conjoints collaborateurs. L'une de ses mesures emblématiques concerne par ailleurs l'assurance-chômage. Il veut, en effet, en ouvrir le droit à de plus larges catégories de personnes, dont les commerçants indépendants.

RSI

Emmanuel Macron veut supprimer le Régime social des indépendants, tout en promettant de garder les allégements de charges. Il permettra "chaque année à tous les artisans et commerçants d'opter ou non, selon leurs besoins, pour le régime fiscal de la micro-entreprise", précise son programme. L'enjeu de cette mesure est notamment de lutter contre les pratiques d'optimisation fiscale. Les plafonds pour pouvoir bénéficier du régime de la micro-entreprise seront par ailleurs doublés.

Dernière mesure : s'il est élu, Emmanuel Macron veut organiser dès cet été des états généraux de l'alimentation réunissant les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les artisans et visant, notamment, à discuter des prix et de la valorisation des différents métiers

Marine Le Pen

Compétitivité

Inscrivant son programme dans un contexte de sortie de l'Europe et de la zone euro, Marine Le Pen veut protéger les entreprises tricolores de la concurrence déloyale en interdisant l'importation des produits ne respectant pas les normes auxquelles sont soumis les producteurs français. Les produits fabriqués sur le territoire seront mis en avant par un étiquetage ­adéquat ("Fabriqué en France") "obligatoire, clair et loyal sur l'origine des produits", explique-t-elle dans son programme.
Elle propose également de taxer l'embauche de salariés étrangers à travers l'instauration d'un impôt additionnel, afin de privilégier l'emploi de travailleurs français.

En parallèle, la candidate veut "rééquilibrer" la politique de la ville vers des "zones désertifiées et rurales", et aussi garantir l'accès aux services publics, notamment en matière de transport, sur l'ensemble du territoire.

Une façon, sans détailler dans son ­programme les mesures concrètes pour mettre en oeuvre ce projet, d'affirmer une forme de soutien aux entreprises situées sur ces territoires, comme les commerces de proximité.

Enfin, elle promet de faciliter le financement des petites et très petites entreprises. De quoi les rendre plus compétitives. Ainsi veut-elle libérer l'accès au crédit pour ces sociétés grâce à des taux préférentiels, sous la supervision de la Banque de France.

Fiscalité

Pour alléger la fiscalité des entreprises, Marine Le Pen vise le maintien d'un impôt sur les sociétés à 15 % pour les TPE-PME et la mise en place d'un taux intermédiaire de 24 %, au lieu de 33 %, pour les PME. Elle veut abaisser les charges en fusionnant l'ensemble des dispositifs d'allégement de charges et transformer le CICE en baisse de charges. L'idée est de diminuer les tensions qui pèsent sur les ressources financières des entreprises, et notamment des petits commerces.

Dans le même objectif, et afin de favoriser l'embauche des jeunes de moins de 21 ans, elle mise également sur un dispositif qui exonère totalement de charges ce ­recrutement (si c'est le premier), pour deux ans maximum.

Par ailleurs, la candidate promet de défiscaliser les heures supplémentaires et de conserver leur majoration. Une manière à la fois d'accorder de la souplesse aux entreprises et de redonner du pouvoir d'achat aux ménages, et ainsi de favoriser la consommation et l'activité des commerces de proximité, entre autres.

Organisation du travail

Si Marine Le Pen conserve la durée légale du travail à 35 heures, elle autorise la négociation "exclusivement" au niveau des branches et pose une condition : que les salariés soient rémunérés pour le temps de travail réellement effectué (37 heures payées 37, 39 heures payées 39). Si elle est élue, elle supprimera la loi El Khomri.

Autre volet de son programme : afin de simplifier le quotidien des petites ­entreprises, la candidate soutient la mise en place d'un guichet unique dédié pour les questions sociales, fiscales et administratives.

Formation

Marine Le Pen se prononce pour un développement massif de l'apprentissage - qu'elle veut autoriser à partir de 14 ans - , des contrats de professionnalisation et d'alternance. Allant plus loin, elle pense à établir des filières professionnelles d'excellence afin de revaloriser le travail manuel et à développer des lycées dits "de la seconde chance" pour accueillir les élèves sortis du système sans diplôme.

RSI et retraite

Critique à l'égard du RSI, qualifié de "serial killer" des indépendants, Marine Le Pen souhaite le refondre totalement. Le nouveau régime "fonctionnera sur la base de l'autodéclaration trimestrielle des revenus". Les indépendants auront le choix de s'y affilier ou de choisir le régime général.

Par ailleurs, elle fixe l'âge légal de la retraite à 60 ans. Il faudra 40 annuités pour bénéficier d'une retraite pleine.