Faut-il faire de son VU un véhicule de fonction ?

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Faut-il faire de son VU un véhicule de fonction ?
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Dans le match qui oppose VU et véhicule de fonction, le premier l'emporte largement au plan financier ... d'autant qu'avec l'arrivée des pick-up dans cette catégorie, le chef d'entreprise peut aussi soigner son image de marque !

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Les véhicules utilitaires (VU) bénéficient d'une fiscalité allégée. "Dans une approche strictement financière, il n'y a pas de débat, car un VU est beaucoup plus économique qu'un véhicule de fonction", explique Théophane Courau, président de Fatec Group, prestataire spécialisé dans le fleet management. À cela, trois raisons principales :

- La déductibilité de la TVA : "Le VU est inscrit dans l'actif de l'entreprise et le dirigeant récupère la TVA (20 %) sur son achat, ce qui fait baisser le coût d'acquisition du véhicule", commente Emmanuelle Bersez, expert-comptable, associée du cabinet Fideliance. À l'inverse, la TVA n'est pas récupérable sur l'achat d'une voiture particulière (VP). Attention, précise l'expert-comptable, "la TVA n'est pas non plus récupérable en cas d'achat d'un VU d'occasion auprès d'un particulier".

La TVA sur le gazole est par ailleurs déductible à 100 % pour les VU contre 80 % pour les VP. Depuis 2017, la TVA sur l'essence est également déductible, que ce carburant soit consommé par un VU ou une VP, à hauteur de 20 % de la TVA en 2018. Ce pourcentage doit augmenter d'ici 2021 pour passer à 40 % en 2019, 60 % en 2020 et 80 % en 2021. La TVA sur les énergies dites propres (GPL, Gaz Naturel, électrique) est déductible à 100 %.

- La déduction des frais : Toutes les dépenses engagées (assurance, pneumatique, frais d'entretien, etc.) au titre du VU sont également déductibles. Le coût d'acquisition est déductible en général sur cinq ans pour un véhicule neuf, trois ans pour un véhicule d'occasion. Néanmoins, en cas de revente, la plus-value réalisée est imposable. Par exemple un VU acquis 10 000 € permet de déduire 2 000 € par an pendant cinq ans. Si le véhicule est revendu au bout de 2 ans, la valeur du VU est de 6 000 € (le coût d'achat 10 000 € moins les déductions 4 000 €), mais s'il est revendu 7 000 €, l'écart (1 000 €) sera imposable.

- L'exonération de TVS : Alors que les sociétés doivent s'acquitter de la taxe sur les véhicules de sociétés (TVS), les VU sont exonérés de la fiscalité sur les émissions de CO2.

Dans le cadre d'une location, les loyers sont également déductibles. " La formule est intéressante pour les TPE à gros revenus, fortement fiscalisées, car lissés sur trois ans, les loyers sont plus importants qu'un simple amortissement sur cinq ans ", ajoute Emmanuelle Bersez.

Soigner son image de marque

Dans le match qui oppose le VU au véhicule de fonction, on le voit, le premier a vraiment l'avantage. Le véhicule de fonction ne semble guère intéressant pour un artisan ou un commerçant, si ce n'est pour servir une certaine image statutaire et/ou pour embarquer la famille à bord pour les vacances !

Car, prévient Théophane Courau, "l'utilisation du VU pendant les week-ends et les congés est interdite, ou tout au moins, il faut réintégrer l'avantage en nature... une astuce consiste alors à s'équiper d'un boitier télématique permettant de prouver que l'utilisation personnelle ne concerne par exemple que 10 % des trajets effectués". Enfin pour soigner son image, le chef d'entreprise peut opter pour un pick-up, à condition de choisir une version utilitaire (catégorie N1).

Véronique Meot

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