Comment animer votre commerce en période creuse

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Mutualiser ses animations

Au-delà, se regrouper entre commerçants constitue une clé pour démultiplier l'impact de ses actions. Les périodes creuses sont en effet souvent les mêmes à l'échelle d'une ville ou d'un village. Par exemple, l'hiver, dans une localité de bord de mer, sera vraisemblablement une mauvaise période pour l'ensemble des commerces. D'où l'intérêt de se rassembler, avec le cas échéant le soutien des municipalités, des unions de commerçants ou autres associations de professionnels, pour bénéficier de la force de frappe de ces collectifs.

"L'une des tendances est la mutualisation", observe Pierre-Alain Weill (Popai France). Si la démarche est intéressante à tout moment de l'année, elle apparaît comme "particulièrement adaptée pour les périodes creuses". Elle peut se traduire par l'organisation d'espaces de vente dans une rue piétonne fermée pendant deux à trois jours. "L'important est que cela se voit de l'extérieur", note le spécialiste du marketing.

[Initiative] A Aigues-Mortes, les commerçants misent sur le collectif

Il y a une vie après l'été. Une conviction pour Nathalie Ravyts, commerçante à Aigues-Mortes, près de Montpellier et de destinations balnéaires comme La Grande Motte.

C'est pour faire parler des entreprises du commerce comme la sienne, y compris hors saison touristique, et promouvoir leurs savoir-faire, qu'elle a imaginé le Club des Petites Rues d'Aigues-Mortes. Une association de commerçants ayant vocation à mener des actions communes pour se démarquer.

"La mairie fait des choses pour les commerces de la place ou de la rue principales. Nous sommes contraints de nous regrouper pour qu'on parle de nous", témoigne-t-elle.

Inspirée par un club similaire de la prestigieuse avenue Montaigne à Paris, où elle a travaillé, la commerçante donne ainsi l'impulsion pour la mise en place d'animations groupées. À l'image du Printemps des commerçants, organisé au mois d'avril 2018, avec un jeu consistant à retrouver des objets (des "jardinières détournées") dans les boutiques participantes afin de gagner des bons cadeaux.

Un jeu de piste en lien avec une exposition voisine est prévu pour juin. Oui, il y a une vie au sein du Club.

Repères

Raison sociale : Association
Nom : Le Club des Petites Rues d'Aigues-Mortes
Date de création : Automne 2017
Ville : Aigues-Mortes (Gard)
Présidente : Nathalie Ravyts
Effectif : 33 adhérents
Cotisation annuelle : 25 €

Une tendance qu'incarne l'association Commerçants et artisans Saint-Saënnais, basée à Saint-Saëns près de Rouen, qui prévoit une douzaine d'opérations au total sur l'année 2018 pour dynamiser l'économie locale. "Nous essayons de combler les périodes creuses en nous associant avec la Ville qui fait régulièrement des expositions avec des peintres, des photographes, des sculpteurs", témoigne Alain Fihue, son responsable des animations.

Ainsi, par deux fois en 2017, dont une en février-mars, "période assez creuse", et déjà en 2016 sur un modèle proche, un jeu a été proposé aux clients. Il consistait à aller retrouver chez les commerçants des morceaux de tableaux issus de ces expositions pour reconstituer les oeuvres globales et tenter de gagner des bons d'achat. Un concours de cartes postales et photos anciennes devrait être organisé cet été dans la même optique.

Lors de l'opération A deux pas, dans l'Ain.

Par ailleurs, c'est surtout en termes de communication que l'union fait la force. Par exemple, chaque année -ou presque- depuis dix ans, la CCI de l'Ain met en place une opération baptisée "À deux pas", qui permet de définir un cadre pour décliner des animations dans les commerces (jeu, animation de rue, promotion d'un savoir-faire...), mais surtout de communiquer à l'échelle du département. Une façon de donner de la visibilité aux opérations et de favoriser la venue du public dans les magasins participants, plusieurs centaines lors de la dernière édition en 2016.

"Misez sur le collectif et sur un ancrage local", résume Thierry Tollon (CCI Ain). Autre bonne pratique : s'appuyer sur un événement sportif (match de football, compétition), culturel (festival...) ou autre déjà existant pour déployer son animation.

Un coût limité

Autant d'initiatives qui ont un coût. Supports de communication, éléments de décoration, voire remises promotionnelles... entraînent des dépenses modulables, a priori abordables pour un commerce qui peut les adapter à ses besoins. Selon les cas, une partie de ces dépenses est couverte par la cotisation annuelle à une association de commerçants par exemple. Un détail à vérifier au moment de l'adhésion. Pour ne plus butter sur le problème de la période creuse.

[3 chiffres en +]

57 %

des Français se rendent dans les magasins pour essayer et tester les produits (étude OpinionWay pour Octipas réalisée en novembre 2017)

3

tendances fortes aujourd'hui dans le retail : offrir un parcours sur mesure, augmenter l'attractivité de son point de vente, apporter du sens au commerce (Cahier de tendances 2018 du salon Marketing Point de vente)

60 %

des Français de 18-24 ans ont envie de magasins où ils peuvent faire autre chose qu'acheter (étude OpinionWay pour l'Observatoire Shopper Havas Paris et Paris Retail Week réalisée en juillet 2017)

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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