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Comment détecter les faux billets

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Détecter les faux billets est un jeu d'enfant avec ce genre de stylos : si la marque est claire, le billet est vrai, si elle est foncée il s'agit d'une contrefaçon. © Safescan

Détecter les faux billets est un jeu d'enfant avec ce genre de stylos : si la marque est claire, le billet est vrai, si elle est foncée il s'agit d'une contrefaçon. © Safescan

En plus du contrôle manuel, les commerçants peuvent s'équiper de matériel de détection. "Il existe une offre large sur le marché, depuis le stylo dont l'encre met en évidence le faux papier, jusqu'aux machines automatiques dans lesquelles on insère un billet et qui émettent un signal sonore et visuel s'il est contrefait. Il y a aussi les détecteurs à lumière UV sur lesquels on pose le billet pour vérifier les signes distinctifs", explique François Vieira, responsable logistique chez Safetool, qui commercialise des détecteurs.

Si l'efficacité du stylo est limitée, une machine automatique (qui revient entre 100 et 400 € selon sa sophistication, certaines font en effet du comptage) présente plusieurs avantages: "Posséder un appareil permet à tout le personnel de pratiquer la détection, les nouveaux arrivants comme ceux qui ne travaillent que quelques heures par semaine, explique Christophe Dolbeau. De plus, face à un billet douteux, la machine apporte une caution technique et peut éviter qu'un conflit éclate entre le commerçant et son client."

Mise à jour des appareils

Détecteur à lumière UV. @ Safescan

Détecteur à lumière UV. @ Safescan

Il importe cependant de tester le billet devant le client: l'emporter dans une autre pièce pour l'examiner (manuellement ou mécaniquement), c'est prendre le risque de se voir accuser de l'avoir échangé contre un faux. "Face à un client de bonne foi qui présente un billet suspect, il faut agir avec tact et tenter de préserver une bonne relation commerciale. Sans stigmatiser la personne ni la mettre mal à l'aise, il faut lui signaler que le billet est douteux et lui réclamer un autre mode de paiement", estime Arnaud Noulin.

Pour bien choisir son appareil de détection, il est utile de s'appuyer sur des cautions, telles qu'un matériel testé et approuvé par la BCE. Enfin, il faut savoir que les machines intègrent les caractéristiques des nouveaux billets sans problème: il s'agit simplement d'une mise à jour de leur logiciel de fonctionnement, que le fournisseur effectue dès qu'une nouvelle coupure est officialisée.

Découvrez les vidéos complètes des signes de sécurité de tous les billets en euros sur le site officiel de la monnaie européenne.


Un encadrement légal strict

"Le commerçant n'a pas le droit de refuser un billet pour son montant, c'est-à-dire d'annoncer, et a fortiori d'afficher, qu'il n'accepte pas, par exemple, les billets de 100 euros", prévient Arnaud Noulin, s'appuyant sur l'article R 642-3 du code pénal. Dans ce contexte, la vigilance s'impose, d'autant que la responsabilité du commerçant peut être engagée : le code pénal punit la mise en circulation d'un billet contrefait (article 442-2). Tout commerçant en possession d'un faux doit le remettre à la Banque de France, qui délivrera un reçu permettant au professionnel de déduire la valeur du billet de son résultat comptable. Le commerçant est ainsi reconnu comme victime, même s'il ne peut obtenir un billet authentique en échange d'une contrefaçon.

Olga Stancevic