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Ile-de-France : comment bénéficier du plan de soutien aux commerces ruraux ?

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Le Conseil régional d'Ile-de-France a débloqué mercredi 16 novembre 2016 une première enveloppe de subvention destinée à revitaliser les centres-villes ruraux de la région. Dix commerçants touchés par les inondations du mois de juin 2016 figurent parmi les premiers bénéficiaires.

Ile-de-France : comment bénéficier du plan de soutien aux commerces ruraux ?

Créé en juillet 2016 par le Conseil régional d'Ile-de-France, le dispositif de sauvegarde des commerces de proximité en zone rurale est désormais effectif. Instauré dans le cadre du Pacte Rural, lancé en mars 2016, ce dispositif intègre un fonds de soutien de trois millions d'euros à destination des commerces ruraux de la région.

La première étape de ce programme a été actée mercredi 16 novembre 2016, par la commission permanente de la région, avec le déblocage d'une première vague de financement d'urgence destinée à aider des commerces franciliens touchés par les importantes inondations de juin 2016. Ce sont un peu plus de 290 000 euros qui permettent aujourd'hui de subventionner dix projets sélectionnés et intégrés à des investissements spécifiques.

Travaux de rénovation, projet de développement, acquisitions d'équipements professionnels ou encore diversification d'activité, les dix premiers projets soutenus sont portés par des commerces de bouches, de détail ou de services.

Comment bénéficier du plan de sauvegarde ?

Plus globalement, le déclin de la vitalité des centres-villes à l'échelle nationale - imputable à la désertification grandissante des zones urbaines et à l'augmentation du taux de vacance commerciale depuis le début des années 2000 - s'illustre également au niveau régional.

L'Ile-de-France n'échappe pas à la tendance. En 2015, le commerce de détail dans les petites villes ne représentait que 9 % du total comptabilisé dans l'ensemble de la région Ile-de-France.

Pour contrecarrer ce phénomène, le dispositif régional de sauvegarde des commerces de proximité répond donc à la volonté de redynamiser le centre-ville et de renforcer l'attractivité économique des territoires ruraux franciliens.

Divisé en deux volets - l'un à destination des commerçants, l'autre des collectivités - ce programme ciblé doit répondre à des projets de mise aux normes des établissements commerciaux (accessibilité, environnementales et sanitaires), d'agrandissement, d'évolution immobilière ou encore d'équipement mobilier.

Seules les communes extérieures à la métropole du Grand Paris, comportant moins de 10 000 habitants et prioritairement celles de moins de 5 000 habitants y sont éligibles. Les commerçants intéressés doivent également justifier de moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires ainsi que d'une surface de vente inférieure à 300 mètres carrés.

Le montant de la subvention, fixé à 50 000 euros maximum, ne peut excéder 30 % du total des dépenses budgétés pour la réalisation du projet par le commerçant.

Pour déposer une demande de subvention, les commerces intéressés doivent se rendre sur la plateforme des aides régionales.

"Relancer l'activité"

En Seine-et-Marne, Alexandre Aufradet est l'un des premiers bénéficiaires de l'aide du Conseil régional. Propriétaire d'une boucherie charcuterie dans le centre-ville de Nemours, il a dû fermer boutique pendant plus de quatre mois à cause des inondations. "On a perdu près de 80 % de notre matériel, et le point de vente a été déclaré insalubre", raconte le dirigeant. Électroménager, banques réfrigérées, outils professionnels, tout est devenu inutilisable, sans comptabiliser la perte d'exploitation subie.

Pour réparer les dégâts causés et relancer l'activité de la boucherie dans les locaux "historique", le boucher nemourien a été choisi, avec d'autres, par la région pour bénéficier d'une subvention de 50 000 euros, soit un peu plus de 20 % des dépenses budgétées. "C'est une excellente nouvelle", se réjouit Alexandre Aufradet qui pourra lancer les travaux de rénovation au plus vite.

"Cette subvention va nous permettre de réintégrer nos vrais locaux et de relancer pour de bon l'activité", avance-t-il. Alexandre Aufradet doit, en effet, faire réaliser de lourds travaux de maçonnerie et d'électricité ainsi que s'équiper avec de nouveaux meubles adaptés à son activité. "Cette aide financière va permettre de combler l'écart entre les frais réels et ce que nous rembourse l'assurance dans la mesure où il y a toujours des choses qui ne sont pas prises en charge", ajoute-t-il.

La boucherie-charcuterie d'Alexandre Aufradet après l'inondation début juin (capture d'écran TF1 - 03.06.2016)


Depuis le 7 octobre 2016, l'équipe de la boucherie a pu, malgré tout, se remettre au travail. "Le laboratoire et la cuisine ont été rénovés prioritairement afin de pouvoir continuer l'activité", détaille le boucher charcutier qui précise qu'un local attenant à la boutique leur a permis de s'installer et d'ouvrir provisoirement.

Si ce dirigeant d'une équipe de huit salariés est lucide sur le temps nécessaire aux travaux - une réouverture complète n'est "pas prévue avant mai 2017" -, il s'est engagé à recruter deux stagiaires, en contrepartie de la subvention. Une obligation pour tous les bénéficiaires de l'aide, qui s'inscrit dans le cadre du plan régional "100 000 nouveaux stages pour les jeunes Franciliens".

"C'est un effort que je fais avec plaisir", précise Alexandre Aufradet. "J'aurais pu proposer d'en prendre qu'un seul mais c'est aussi notre rôle de donner envie aux jeunes de travailler", plaide-t-il. "J'ai été heureux de pouvoir être formé à l'époque, aujourd'hui je veux transmettre aussi ma passion". Et d'ajouter : "Les vrais charcutiers ne sont plus très nombreux !"