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Votre entreprise est notée: le saviez-vous ?

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Les banques attribuent une note à chaque entreprise afin d'évaluer sa capacité à honorer ses engagements financiers. Une information primordiale qui peut avoir une incidence sur la quantité de crédits octroyés.

@ FOTOLIA / LEFEBVRE JONATHAN

En janvier dernier, la note de la France a été dégradée par les agences de notation. Et si votre entreprise était aussi concernée? En effet, depuis 2007, les banques de réseau et la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface) attribuent aux petites entreprises des notes, également appelées scores. Ils évaluent votre capacité à pouvoir honorer vos engagements financiers à un horizon de trois ans. Pourquoi un système de notation? Le dispositif Bâle II a défini, en 2007, un ensemble de règles destinées à mesurer et à encadrer le risque lié aux crédits accordés à une entreprise. Cette réforme a pour principal objectif de rendre les fonds propres des banques plus sensibles au risque. Auparavant, lorsqu'un établissement bancaire accordait 10 000 euros de crédit à une entreprise, il devait immobiliser 800 euros de fonds propres. Ce ratio ne tenait pas compte de la solvabilité de l'emprunteur et ne faisait aucune différence entre les risques. En d'autres termes, le ratio de 8 % de fonds propres s'appliquait aussi bien à une entreprise avec une cote d'excellence (10, voir notre encadré p. 19) qu'à une entreprise cotée médiocrement (3). Bâle II a donc contraint les établissements bancaires à mettre en place de nouvelles procédures de suivi des risques de crédit et à se doter de systèmes internes de notation. « Les exigences en capital se sont renforcées avec la crise financière de 2008 et elles le seront encore plus en 2013. Les banquiers sont en effet très sensibles au montant des fonds propres que peut constituer une entreprise et peuvent être amenés à reconsidérer leur offre de crédit », indique Michel Dietsch, professeur à l'Institut d'études politiques de Strasbourg et auteur de l'ouvrage Mesure et gestion du risque de crédit dans les institutions financières. En résumé, plus votre note est favorable, plus le portefeuille est limité en risque et plus le chargé de clientèle disposera d'autonomie pour vous accorder une ligne de crédit avantageuse.

Mesurer la capacité de l'entreprise à rembourser ses échéances

Reste un point essentiel: la façon dont sont attribués les scores. En premier lieu, les établissements de crédit analysent la structure financière et l'équilibre de votre bilan. Il s'agit de vérifier le poids des dettes par rapport à l'autofinancement, à savoir la capacité de votre entreprise à dégager des excédents et à rembourser ses échéances. Sont également passés au peigne fin les documents financiers de vos exercices passés et prévisionnels, l'environnement financier de votre entreprise (impayés sur les prêts, dépassement d'autorisation, etc.), votre secteur d'activité, votre positionnement sur le marché, voire celui de vos partenaires ou des structures avec lesquelles vous entretenez des relations commerciales. « L'ensemble des éléments quantitatifs et prévisionnels sont donc étudiés pour éviter une dégradation soudaine des cotations. Une note n'est généralement pas abaissée en raison d'une chute du chiffre d'affaires manifestement temporaire ou du seul fait de la baisse de la rentabilité », explique Michel Dietsch.

Depuis l'adoption de la loi Brunel en 2009, les banques ont pour obligation de fournir et d'expliquer leur notation aux dirigeants qui sollicitent un prêt. Si votre score ne vous satisfait pas, vous pouvez demander un rendez-vous auprès de votre chargé de clientèle pour le contester. Pour défendre votre dossier, procurez-vous votre cotation sur le site de la Coface, www.cofacerating.fr (l'information est gratuite). Ainsi, si elle vous a attribué une meilleure note, n'hésitez pas à la mettre en avant. « Dans 95 % des cas, il y a convergence entre les institutionnels mais on peut constater des écarts. Mieux vaut donc que le dirigeant prenne connaissance des différentes notes qui lui sont attribuées », poursuit Michel Dietsch.

Autre solution: vous pouvez arguer de votre bonne foi. Si vous avez contracté un prêt il y a plus d'un an, n'hésitez pas à prouver que vous avez, entre-temps, renforcé votre solvabilité et que vous surveillez de près les dépassements d'autorisation de découvert. Dans ce cas précis, les banques exigeront des renseignements comptables plus précis, plus détaillés et transparents. Seuls des éléments concrets et avérés peuvent permettre la révision de votre note. Dernier conseil: faites preuve de franchise et de transparence de sorte que le banquier comprenne votre activité, parlez-lui de vos produits et de votre stratégie. Présentez le plus souvent possible les forces de votre structure, les points positifs, les nouveaux atouts, vos objectifs et vos projets de développement, sans pour autant passer sous silence les points faibles que vous envisagez d'améliorer. Le maintien de contacts réguliers et francs avec votre chargé de clientèle vous permettra sans nul doute, à terme, de faire évoluer votre situation professionnelle et financière.

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Comprendre les notes de la Coface

Il existe dix cotes de crédit, allant de 1 à 10, qui traduisent la capacité de l'entreprise à honorer ses engagements financiers. Le score est mis à jour automatiquement à l'arrivée de chaque nouvelle information de solvabilité ou au minimum tous les 12 mois. Pour attribuer les notes, les banques se basent sur les informations recueillies auprès des greffes des tribunaux de commerce ou des journaux d'annonces légales. N'hésitez donc pas à regarder votre note, mais aussi celles de vos clients et fournisseurs.