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Valoriser son entreprise: la méthode analogique

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Les techniques de valorisation d'une entreprise sont nombreuses et souvent complexes. Elles peuvent aboutir à des résultats parfois très éloignés les uns des autres. La méthode analogique, facile à mettre en oeuvre, permet de dégager une valeur globale de l'entreprise en la comparant avec d'autres structures similaires.

Il n'est jamais facile d'estimer le prix d'une entreprise. Sa valeur n'est pas unique et dépend d'un certain nombre d'éléments et de la méthode d'évaluation utilisée. Celle dite par comparaison, ou par analogie, est la plus courante. Son principe? Comparer l'entreprise à d'autres structures similaires.

La valeur théorique

Pour ce faire, il convient de calculer la valeur théorique de l'entreprise. La façon la plus simple d'y parvenir est d'appliquer un pourcentage au chiffre d'affaires moyen TTC des trois dernières années d'exploitation, à partir d'un barème d'évaluation. Le plus courant étant celui issu du Mémento pratique Francis Lefebvre fiscal, notamment pour les fonds de commerce. Dans la mesure où l'acquisition d'un fonds commercial a pour premier avantage d'accéder à une clientèle existante, le chiffre d'affaires fait figure de référence vedette. La prise en compte de paramètres supplémentaires est toutefois possible. Différents niveaux du compte de résultat, comme la valeur ajoutée et le résultat d'exploitation, peuvent ainsi être intégrés à l'analyse, la rentabilité en constituant le dernier étage. Néanmoins, plus l'approche est élaborée, plus l'analogie est difficile car les éléments de comparaison sont moins nombreux. Ces derniers peuvent provenir de sources différentes: chambres consulaires, magazines professionnels, fédérations, chambre départementale des notaires, sites internet, etc. C'est donc une méthode d'évaluation rapide et simple à mettre en oeuvre. Autre avantage: elle constitue une base de dialogue facile à comprendre entre les parties.

Néanmoins, la méthode par comparaison présente quelques limites. En effet, une démarche uniquement basée sur le chiffre d'affaires est forcément restrictive. D'autant qu'aucune entreprise n'est directement comparable à une autre du fait de sa situation géographique, de son potentiel de développement, de sa rentabilité, de son personnel (savoir-faire, ancienneté, etc.)... L'analyse de ces différents facteurs permet de préparer l'argumentaire de négociation. Le cédant doit, en effet, prendre soin de recenser les avantages concurrentiels de son entreprise, lesquels pourront majorer sa valeur. La méthode par comparaison est particulièrement adaptée pour l'estimation des commerces, les marges et les rentabilités dans ce type d'entreprises étant standardisées et l'emplacement ayant un rôle prépondérant.

Prendre en compte l'acquéreur

Par ailleurs, il faut savoir que la valeur d'une entreprise sera différente pour chaque acquéreur. Ses attentes en termes de revenu ou l'estimation de sa capacité à faire prospérer son activité future impacteront de façon significative le prix qu'il voudra consacrer à l'opération. Le recours à un organisme de financement peut servir de garde-fou puisqu'il exige souvent une projection dans le futur. L'évaluation par analogie, si elle est incontournable, est donc généralement insuffisante et doit être employée en complément d'autres méthodes. On peut avoir recours à la méthode patrimoniale qui donne une estimation de la valeur actuelle des biens possédés par l'entreprise, moins ses dettes, ou encore la méthode des flux futurs actualisés qui indique la capacité approximative à dégager de la trésorerie sur les cinq ans à venir.

Bio

Hervé Pichery, expert- comptable et directeur de bureaux KPMG dans le Loiret, est plus particulièrement en charge du marché des petites entreprises, des artisans et des commerçants. KPMG est un cabinet d'audit, d'expertise- comptable. Rens.: www.kpmg.fr