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Titres restaurant: un accélérateur d'affaires?

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Les Chèques Déjeuner, Ticket Restaurant, Chèque de Table et Chèque Restaurant facilitent la vie des clients des commerces de bouche. Pour le commerçant, ces titres imposent néanmoins une bonne gestion, afin d'optimiser les frais associés.

Depuis 2010, les conditions d'utilisation des titres restaurant ont été assouplies.

@ TICKET RESTAURANT

Depuis 2010, les conditions d'utilisation des titres restaurant ont été assouplies.

Qui n'a jamais utilisé ou reçu un titre restaurant au moment du déjeuner? Vieux de plus de 40 ans, cet avantage social facilite le déjeuner des salariés ne disposant pas de cantine d'entreprise. «Les titres sont strictement encadrés par la loi», prévient Didier Zoubeïdi, directeur marketing d'Edenred France, émetteur des titres Ticket Restaurant. Ils doivent servir à payer un repas ou un achat de préparation alimentaire consommable immédiatement. En outre, il est interdit de rendre la monnaie sur un ticket et un salarié ne doit, en principe, utiliser qu'un seul bon par repasVoir l'ensemble des conditions sur www.cntr.fr. Depuis 2010, leur utilisation pour l'achat de fruits, légumes frais et produits laitiers est autorisée. «Nous aimerions aller plus loin et obtenir qu'ils servent à payer certaines boissons et/ ou biscuits », indique Philippe Pilliot, délégué général de la Fédération nationale de l'épicerie. Car les titres restaurant permettent d'accroître le trafic de sa boutique et de fidéliser sa clientèle. «Les traiteurs et boulangeries en profitent souvent pour composer un menu dont le prix correspond à la valeur faciale moyenne constatée autour de leur commerce », relève Sandra Soares, responsable Marketing Affiliés-Bénéficiaires de Sodexo Solutions de Motivation France, émetteur des Chèques Restaurant.

En dehors des restaurateurs, les commerçants doivent déposer une demande d'agrément auprès de la Commission nationale des titres restaurant, afin d'être habilités à les accepter. Une fois agréé, le commerçant peut recevoir les quatre titres existants (Ticket Restaurant, Chèque Déjeuner, Chèque de table et Chèque Restaurant). Il faut les regrouper et les transmettre à la Centrale de règlement des titres (CRT), l'organisme procédant au remboursement après avoir prélevé des frais. Le taux varie de 0,6 à 4,06 % du montant cumulé, selon les émetteurs, la rapidité de remboursement choisie et la somme déposéeVoir les tarifs sur www.crt.asso.fr.

Réaliser des arbitrages

Plus la somme transmise et le délai de remboursement sont élevés, plus le taux prélevé sera faible. Un arbitrage qui nécessite une réflexion au cas par cas. Pour certains commerces, cette avance de trésorerie est de plus en plus délicate à réaliser. «J'accepte les titres restaurant depuis 14 ans, confie un traiteur de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) souhaitant rester anonyme. Or, depuis quatre ans, les taux ont augmenté, sans parler des frais d'expédition. Et il faut maintenant cumuler 2 000 euros avant de pouvoir procéder à l'envoi des titres. » Ce traiteur patiente donc deux mois avant de renvoyer environ 2 500 euros de titres, sur lesquels sont prélevés en moyenne 2,4 % de frais, contre 0,7 % il y a quatre ans. «Les taux moyens en France restent en deçà de la moyenne européenne, qui est de plus 5 % », tempère Didier Zoubeïdi (Edenred). Par ailleurs, les commerçants peuvent désormais se faire rembourser sous trois jours par virement.

Du côté des commerces de plus grande taille, le ressenti est différent: «Avec 1 700 clients par jour environ, j'envoie mes titres pour remboursement quatre à six fois par mois, explique Jean-Marie Sallou, franchisé de la Mie Câline à Nantes. J'opte pour un remboursement à 21 jours, afin de bénéficier des taux les plus bas. Le système est bénéfique pour mon entreprise car il fait grimper le montant de mon panier moyen. » Selon Didier Zoubeïdi, les titres restaurant pourraient prendre la forme d'une carte à débiter. Quant aux Chèques Restaurant, Sandra Soares signale le lancement de l'application Déj@côté pour les iPhone et iPad, permettant de localiser et évaluer les établissements acceptant ces titres.

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Titre restaurant: combien ça coûte?

Avec une valeur faciale moyenne de 8 euros et 10 titres par jour reçus en 20 jours travaillés, les tickets rapportent 1 600 euros au commerçant, sur un mois. En optant pour un taux express chez Edenred (donnant droit à un remboursement par virement sous trois jours) additionné aux frais prélevés par la Centrale de règlement des titres (CRT) , soit 4,3 %, il s'acquittera sur cette somme de 68,85 euros.