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Les dirigeants de TPE sont très critiques sur la réforme de l'ISF

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Inadaptée à leurs petites structures, peu équitable, guère efficace et difficilement compréhensible. La réforme ne convient pas aux chefs d'entreprise.

Sceptiques et peu optimistes. La majorité des dirigeants de TPE porte un regard négatif sur la réforme de l'impôt sur la fortune (ISF) menée par le gouvernement depuis le début de l'année. Selon le 42e baromètre Ifop-Fiducial publié le 27 mai, moins d'une TPE sur deux estime qu'elle est conforme aux ambitions affichées par le président de la République. Sentiment d'une réforme purement électoraliste (34 %) et qui ne résout rien (24 %). Dans le détail, le relèvement du seuil de l'ISF de 800 000 euros à 1,3 million d'euros (66 %) et la suppression du bouclier fiscal (61 %) font l'objet d'une approbation majoritaire.

« Ce n'est pas une adhésion massive. Pour qu'une mesure soit admise, on devrait atteindre le score de 80 % », estime toutefois Jean-Marc Jaumouillé, directeur chez Fiducial, agence spécialisée dans l'expertise comptable et le conseil financier.

D'une manière générale, les dirigeants expriment une vision très critique de la politique fiscale menée par le chef de l'Etat depuis son élection en 2007. Toujours selon le baromètre, «elle se caractérise par son inadaptation aux spécificités des petites entreprises (86 %), les difficultés de compréhension (81 %), ainsi qu'un manque d'équité et d'efficacité (75 %)».

Dans l'attente d'une vraie réforme

Corollaire de ce jugement négatif, les patrons de TPE expriment presque unanimement le souhait d'une vraie réforme fiscale. Ils souhaitent un rééquilibrage de la fiscalité entre particuliers et entreprises, l'instauration d'une taxation minimale des profits des grands groupes internationaux, ainsi qu'une simplification du formalisme fiscal. Près de quatre sondés sur cinq attendent aussi une baisse significative de l'impôt sur les sociétés (IS). Par ailleurs, le poids des charges sociales patronales constitue un axe d'action prioritaire, puisqu'il s'agit pour les employeurs «de l'obstacle ayant le plus d'importance pour leur entreprise». Si les dirigeants appellent à de véritables changements dans la politique fiscale française, à moins d'un an de la présidentielle, c'est tout de même à l'UMP (32 %) qu'ils font le plus confiance pour proposer une réforme efficace.