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Le stress des dirigeants bientôt autopsié

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Rarement évoquée, la « souffrance patronale » est pourtant une réalité sur laquelle se penche le chercheur Olivier Torrès. Il lance, en janvier, Amarok : l'observatoire de la santé des dirigeants de PME. Explications.

Stress, surmenage, solitude, incertitude... des maux qui sont loin d'épargner les commerçants.

@ FOTOLIA

Stress, surmenage, solitude, incertitude... des maux qui sont loin d'épargner les commerçants.

Des problèmes de trésorerie peuvent-ils provoquer des insomnies ? Licencier un salarié peut-il causer un ulcère ? Ces interrogations devraient trouver une réponse dans les travaux menés, à partir de janvier, par l'observatoire de la santé des dirigeants de PME, commerçants, artisans et professions libérales, baptisé Amarok. Un terme issu du vocabulaire inuit dont la signification donne la raison d'être de ce projet : une société doit protéger ceux qui la font vivre. « On ne peut pas comparer les petits patrons -propriétaires de leur affaire aux dirigeants des grandes sociétés qui sont, en réalité, des salariés de haut niveau », estime Olivier Torrès, chercheur en gestion de l'université de Montpellier et instigateur de cet observatoire.

Sujets à de nombreux troubles (stress, solitude, incertitude...), les dirigeants de TPE ne font plus l'objet de recherches approfondies, dans le cadre de la santé publique, depuis le Traité des maladies des artisans paru au XVIIIe siècle ! Ironie de la vie : l'auteur de cet ouvrage n'est autre que Bernardino Ramazzini, père fondateur de la médecine du travail. « Ne pas s'intéresser aux patrons des petites entreprises, qui représentent plus des trois quarts du tissu entrepreneurial français, est un vrai déni de réalité », poursuit Olivier Torrès. C'est donc ce manque qu'Amarok, basé dans le parc Euromédecine de Montpellier, va tenter de combler à travers, notamment, des études statistiques. Mais si le stress apparaît néfaste - voire mortel - pour certains, il peut être un moteur pour d'autres. C'est en tout cas la thèse développée par Sylvie Roussillon, docteur en psychologie et auteur de plusieurs travaux sur le sujet (source : Newzy.fr, juillet 2008).

En attendant d'élargir nos connaissances sur cette population, un sondage apporte une note d'optimisme : 83 % des dirigeants plébiscitent leur indépendance, selon l'étude Ifop effectuée pour le compte de l'Agence pour la création d'entreprise (novembre 2009). Faut-il alors en conclure que la liberté n'a pas de prix... Quitte à en subir des conséquences sur le plan médical ?