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Le document unique, un vrai outil de management

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Contrairement aux idées reçues, la rédaction du document unique (DU) n'est pas compliquée. Or, bien qu'elle soit obligatoire, de nombreuses TPE n'ont pas encore sauté le pas. Voici les bonnes pratiques pour que votre DU soit utile à votre entreprise.

Dix ans. C'est l'âge du document unique (DU) d'évaluation des risques professionnels, entré en vigueur en 2001. Concrètement, tout chef d'entreprise a pour obligation de réaliser une évaluation et une analyse des risques auxquels lui et ses salariés peuvent être confrontés. Pourtant, bien qu'il n'existe pas de chiffres précis, les entreprises, et notamment les TPE, ne sont pas toutes en règle. Certaines n'ont même jamais rédigé ce fameux document. Si c'est votre cas, « vous ne devez pas voir le DU comme une contrainte légale de plus pour votre entreprise, mais comme un outil d'amélioration. Surtout, rédigez votre document pour qu'il soit le plus simple possible », conseille Patrick Laine, expert auprès des TPE à l'INRS. Ainsi, n'hésitez pas à vous faire accompagner dans votre dé marche. Les services des Carsat (Caisses d'assurance retraite et de santé au travail, ex-Cram), ainsi que vos fédérations professionnelles (celles des coiffeurs ou des bouchers notamment) ou certains organismes, comme l'INRS, ou encore les CCI et CMA peuvent vous donner un coup de pouce. Ils ont en effet à leur disposition des outils, et des grilles d'évaluation pour vous guider. En outre, en réalisant une visite dans vos locaux, ils vous montreront que, bien souvent, vous avez déjà mis en place des mesures de prévention des risques dans votre entreprise. Et ce sans pour autant les avoir formalisées noir sur blanc. Par exemple, dans le secteur de la coiffure, la mise à disposition de vos employés de produits non toxiques pour la peau est une façon de préserver leur santé. N'hésitez pas non plus à échanger avec un confrère de la même branche, ou un voisin. Le regard extérieur est primordial pour vous aider à prendre du recul.

Impliquez vos collaborateurs dans la rédaction du DU

Concernant la forme, vous devez lister dans votre document tous les risques liés à votre activité. N'oubliez pas les risques différés, comme l'exposition au bruit ou à certains produits dangereux, qui peuvent être à l'origine de futures maladies professionnelles chez vos salariés.

« Pour rédiger votre DU, vous ne devez pas hésiter à impliquer vos collaborateurs, explique Patrick Laine (INRS). A vous de réaliser une première liste qui sera complétée ou précisée par des discussions avec eux. » Cette réflexion doit vivre dans l'entreprise. Tout le secret est là. Le texte n'est pas figé et doit évoluer avec votre société. Son but n'est pas de rester enfermé dans une armoire de votre bureau. Le DU est un outil de management de la prévention dans votre entreprise. Il vous permet, ainsi qu'à vos équipes, de progresser.

Une fois l'analyse des risques effectuée, vous devez mettre en place un plan de prévention pour les supprimer ou limiter leurs effets. Mais prenez votre temps, car cette étape demande des moyens humains. Les actions correctives doivent être engagées pas à pas pour qu'elles aient un effet dans la durée. En boucherie, par exemple, vous pouvez commencer par adapter la hauteur des billots à la taille de vos salariés. Vous réduirez ainsi les risques de lombalgie. Pensez également à aiguiser régulièrement vos couteaux. Cela évitera à votre collaborateur de trop forcer à la découpe. Dans le même ordre d'idée, n'hésitez pas à alléger les charges portées par vos salariés si vous tenez un commerce de détail, car les opérations de manutention peuvent être importantes et sont souvent à l'origine de TMS.

Surtout, n'effectuez pas les démarches seul et faites une fois de plus participer vos équipes lors de cette phase. L'adhésion au projet passe par de petites sessions de sensibilisation du personnel dans l'entreprise. Essayez, par exemple, de bloquer un peu de temps régulièrement pour réunir vos salariés et échanger tous ensemble. Mais attention: le message porte mieux s'il vient d'une personne extérieure à l'entreprise. Et n'hésitez pas, face aux récalcitrants, à faire un parallèle avec leur vie privée: ils portent un casque en moto ou des gants pour jardiner, alors pourquoi ne prennent- ils pas de précautions en entreprise? Parfois le bon sens permet de débloquer les situations.