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Le commerce s'oppose à l'ouverture dominicale

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Le débat sur l'ouverture des magasins le dimanche fait rage. Alors que les commerçants se mobilisent pour le maintien du repos dominical, le Conseil économique et social a fait des propositions dans ce sens.

Des syndicats de la grande distribution et des représentants patronaux des commerçants de proximité unis dans un même combat: le repos dominical. Fin février, 55 000 affiches ont été distribuées aux commerçants afin qu'ils en décorent leur vitrine. Le message? Un pull détricoté surmonté du slogan «Ne tirons pas sur la corde...». Cinq organisations syndicales se sont associées à une dizaine de fédérations patronales. Emmené par la Fédération nationale de l'habillement (FNH), ce collectif a créé un site Internet: www.reposdominical.com. «Le dimanche non travaillé doit être protégé, y revendique Frédéric Willems, responsable des affaires économiques à la FNH. La loi nous permet déjà d'ouvrir cinq dimanches dans l'année. Il est inutile d'aller plus loin.» Le porte-parole de ce mouvement de contestation affirme que l'étalement du chiffre d'affaires du lundi au dimanche ne permettrait pas de créer des emplois, et que seule la masse salariale augmenterait. Les prévisions du ministère du Travail montrent que l'ouverture de tous les commerces 7 j/7 se traduirait par une perte de 30000 emplois occasionnels les deux premières années. En outre, la généralisation de la commercialisation des produits en continu entraînerait, pour les consommateurs, un surcoût quasi immédiat chiffré à 3% minimum, s' expliquant par la hausse des charges patronales sur les salaires d'environ 19%. Sans compter les répercussions sur la vie familiale et sociale. . . Si le débat a été relancé, c'est à la suite des dérogations octroyées à certaines zones commerciales, alors que la loi interdit le travail salarié dominical, sauf pour certaines activités (commerce alimentaire et jardineries). Quant aux grandes surfaces, elles bénéficient de la possibilité d'ouvrir cinq dimanches par an. «Ces multiples dérogations favorisent les abus», affirme Karl Ghazi, de la CGT. Un constat confirmé par un rapport rendu public par le Conseil économique et social (CES) le 28 février dernier. «Il y aurait, en compilant toutes les exceptions aux règles, près de 180 dérogations», a déclaré Léon Salto, le rapporteur. Dans ce rapport, le CES affirme son attachement au caractère structurant du repos dominical et son «opposition à une extension généralisée» de l'ouverture des magasins le dimanche. L'institution a fait trois propositions. D'abord, elle suggère que les ouvertures autorisées ne puissent pas être interdites par arrêté préfectoral. Ensuite, le CES conseille de fixer les dérogations, jusqu'ici à la discrétion des maires, à cinq pour tous les commerces, sans autorisation. Enfin, dès lors qu'une zone est classée «touristique», que tous les commerces puissent ouvrir le dimanche. Les conclusions de ce rapport confirment les craintes des commerçants. Selon le CES, si aucune étude ne démontre un impact positif sur la croissance, il ne fait aucun doute que la suppression du repos dominical entraînerait des perturbations sociales.

Etude

Un choix de société partagé par les salariés...
Les Français plébiscitent le dimanche comme jour commun pour la vie familiale, personnelle, culturelle...


- près de 90% des salariés, entre 25 et 50 ans (85% après 60 ans);
- plus de 80% des franciliens et près de 95% des méridionaux;
- près de 90% des salariés percevant moins de 1 500 Euros par mois.


(Source: sondage BVA - extrait «Les Français et le travail le dimanche», juillet 2006).


... et les entreprises


- 90% des commerçants souhaitent que le repos hebdomadaire reste dominical.
(94% pour les commerces non alimentaires et 96% pour l'équipement de la personne).
- 80% demandent le maintien des 5 autorisations communales.
- 79% estiment que leur activité ne leur permettrait pas de remplacer leur personnel le dimanche, plus qualifié.


(Source: enquête CGPME - extrait, «Ouverture dominicale des commerces», décembre 2006).