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Le commerce de proximité menacé par deux réformes

Publié le par

@ CELINE KELLER

Le commerce de proximité est en danger. C'est en tout cas l'opinion de plusieurs organisations patronales, qui ont vivement réagi au projet de loi du secrétaire d'Etat en charge de la consommation, Luc Chatel, et aux propositions de la commission Attali «Pour la libération de la croissance française». Le premier prévoit la possibilité pour les grandes surfaces de répercuter la totalité des marges arrière sur les prix de vente au consommateur, les marges arrière étant les avantages facturés par le distributeur au fournisseur pour promouvoir le produit. Cette mesure ferait baisser les prix dans les supermarchés créant ainsi une concurrence plus rude pour les petits commerces qui n'ont pas les moyens de s'aligner. La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a notamment exprimé ses réserves sur ce projet de loi, redoutant «les effets pervers tant pour les fournisseurs que pour les commerces de proximité» . Parallèlement, la Commission Attali a, elle aussi, suscité les craintes de la Confédération et de l'Union professionnelle des artisans (UPA) en proposant deux réformes lors de son rapport d'étape, en octobre. La première reviendrait sur l'interdiction de revendre à perte (loi Galland), en laissant aux autorités de concurrence le soin de décider si cette pratique participe ou non d'une stratégie abusive. La seconde prône la libéralisation de l'implantation des surfaces commerciales, revenant à supprimer les lois Royer et Raffarin. Cette dernière, en obligeant les hypermarchés à demander une autorisation administrative à partir de 300 m2 (contre 1 000 m2 auparavant), protège de fait les petits commerces. Reste à savoir si ces préconisations, qui deviendront définitives en décembre, seront suivies par le gouvernement et les parlementaires.