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La validation des acquis de l'expérience, mode d'emploi

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Lancée il y a 8 ans, la validation des acquis de l'expérience permet à tous de prétendre à une certification de compétences basée sur l'expérience professionnelle. Procédure méconnue, elle a plusieurs avantages, tant pour l'entreprise que pour le salarié.

La VAE (validation des acquis de l'expérience) n'est pas une formation. C'est une démarche, lancée en 2002, visant à valider par un diplôme les compétences et aptitudes professionnelles acquises par une personne.

CAP, brevet professionnel, licence, master..., un grand nombre de diplômes et titres à vocation professionnelle ainsi que des certificats de qualification peuvent être délivrés lors d'une VAE. La certification choisie doit cependant être inscrite au répertoire national des certifications professionnelles (plus d'informations en ligne sur www.cncp.gouv.fr).

1- Qui est concerné?

Toute personne ayant une expérience professionnelle significative est concernée. Salariés, non-salariés, chefs d'entreprise, demandeurs d'emploi, et ce quels que soient les diplômes obtenus auparavant. La seule condition est de justifier d'une expérience professionnelle de trois ans, continus ou non, en rapport avec le contenu de la certification envisagée. Ainsi, le patron d'une boucherie lorraine, en poste depuis 27 ans mais sans diplôme, s'est lancé dans un brevet de maîtrise de boucher. L'épouse d'un coiffeur, elle-même coiffeuse dans son salon depuis plus de vingt ans, a validé grâce à la VAE un brevet professionnel coiffure pour reprendre le commerce de son mari après la cessation d'activité de ce dernier...

2- Quelle est la procédure?

Il existe différentes modalités à respecter. Chacune des étapes est cruciale, c'est pourquoi le site www.vae.gouv.fr rappelle les précautions à prendre. Tout d'abord, il est primordial d'avoir bien précisé son projet professionnel pour choisir la certification la plus adaptée. Des points relais conseil de proximité, gérés par les régions, sont à la disposition des candidats ou des entreprises ; la liste complète est disponible sur le site. Les chambres consulaires peuvent également apporter leur aide.

La validité de la requête est ensuite évaluée par les instances concernées. Des formulaires de demande de recevabilité sont disponibles en ligne. Si le projet est retenu, le candidat doit alors constituer un dossier. Pour être complet, ce dernier doit retracer son expérience salariée, non-salariée, bénévole, qu'il prendra soin de démontrer (bulletins de salaire, attestations d'employeurs, déclarations fiscales...). Il doit être rempli de manière exhaustive et justifier du lien avec la certification choisie.

Enfin, un jury composé de représentants de la profession en rapport avec la certification visée se réunit pour délibérer. Le candidat peut alors être auditionné, voire mis en situation professionnelle. Une fois les vérifications d'aptitudes effectuées, le jury se prononce. S'il valide totalement la demande, la certification est alors attribuée. Sa validation peut également être partielle. Dans ce cas, il précise dans quel cadre doit se situer le contrôle complémentaire de connaissances ou d'aptitudes. Le jury peut aussi, lorsque les conditions ne sont pas remplies, refuser de valider la demande.

3- Quelles sont les modalités de financement?

Différents modes de financement existent. La plupart des coûts peuvent être pris en charge. Ils varient selon la certification choisie et l'organisme auquel on fait appel, de 300 euros si l'on est demandeur d'emploi à plus de 1 000 euros si le diplôme en question est de niveau universitaire. La VAE peut notamment rentrer dans le cadre du plan de formation de l'entreprise. Dans ce cas, le salarié doit donner son consentement. Le financement est alors assuré par l'Opca (Organisme paritaire collecteur agréé) dont relève l'entreprise. Une convention doit cependant être signée entre l'employeur, le salarié et l'organisme qui intervient en vue de la validation des acquis.

La demande de VAE par le salarié peut également faire l'objet d'un congé pour validation des acquis de l'expérience, d'une durée équivalente à 24 h de temps de travail. Celui-ci est soumis à l'autorisation de l'employeur. Il peut servir aux périodes de préparation ainsi qu'à la participation aux épreuves de validation. C'est alors le Fongecif dont l'entreprise dépend qui prend en charge les dépenses.

4- Quels sont les bénéfices?

Entreprises et salariés peuvent tirer chacun des avantages à se lancer dans une démarche de VAE. Pour l'entreprise, c'est un excellent moyen pour motiver son personnel. Grâce à la VAE, l'employeur connaît mieux les compétences réelles de ses équipes, les plans de formations sont donc optimisés. Par ailleurs, une action de VAE génère moins d'absence qu'un parcours complet de formation.

Outre le fait d'être un vecteur de satisfaction personnelle, la VAE permet à la catégorie des «conjoints collaborateurs» de valider l'expérience acquise durant les longues années où ils ont soutenu leur conjoint dans leur activité. Elle permet aussi au salarié d'évoluer. Il développe une plus grande confiance dans sa valeur professionnelle et ses aptitudes. Il envisage mieux sa position dans l'entreprise ainsi que ses possibilités d'évolution.

Expérience

L'occasion de changer de voie
Coiffeuse durant 17 ans et détentrice d'un brevet de maîtrise de coiffure, Coralie Dubois souhaitait enseigner dans un lycée professionnel. Elle avait donc besoin d'un autre diplôme, le brevet professionnel de coiffure, et s'est lancée dans une démarche de VAE. Cette dernière est longue (commencée début 2009, elle devrait se terminer en septembre 2010), mais Coralie Dubois la recommande car « elle permet d'obtenir un nouveau diplôme tout en travaillant ». La coiffeuse a été aidée par les conseillers de la région tout au long de son parcours, notamment au moment de la constitution du dossier.