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La mobilité des apprentis: une opportunité à saisir!

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Formation à l'international. 1 %, c'est le pourcentage d'entreprises qui envoient leurs apprentis effectuer des stages à l'étranger. La mobilité des jeunes en alternance reste marginale en France. Elle permet pourtant d'apporter une ouverture interculturelle aux équipes.

La mobilité internationale. C'est le fer de lance de Mireille Klepkens, gérante de deux bijouteries dans le centre de Paris, qui place la formation de ses apprentis au coeur de sa politique de ressources humaines. Cette année, elle a envoyé un de ses élèves à Brighton, en Angleterre, dans un Charity Shop, communément appelé commerce caritatif. «J'y vois plusieurs avantages. J'ai privilégié l'Angleterre car la pratique de l'anglais est devenue essentielle, surtout dans la capitale, qui draine une clientèle internationale importante. En 15 jours, l'apprenti a eu l'occasion d'acquérir du vocabulaire technique relatif à la vente. Il a gagné en autonomie et s'est montré plus motivé à son retour. Il est également prêt à prendre plus de responsabilités professionnelles », confie la responsable qui fait cependant figure d'exception. Seulement 1 % des petites entreprises accompagne leurs apprentis dans cette démarche. Ce qui représente 2 000 jeunes par an, un chiffre qui traduit la frilosité des entreprises en la matière. Et qui s'explique. Selon Lucien Boiché, responsable emploi-formation au sein de la chambre des métiers et de l'artisanat du Rhône, « les démarches administratives sont encore trop contraignantes. »

@ FOTOLIA/ANTONIO DUARTE

Autre frein: la rémunération de l'apprenti

Le dirigeant qui envisage d'envoyer son apprenti à l'étranger doit prévoir d'entamer la procédure quatre à six mois avant son départ, et effectuer, plusieurs formalités: signer une convention de mise à disposition avec l'entreprise étrangère et l'apprenti afin de préciser le lieu de formation, la durée du stage, les conditions de sécurité et de formation (document fourni par le CFA) ; contacter la caisse d'Assurance maladie dont dépend le point de vente pour obtenir le formulaire E 101, en double exemplaire. Le jeune, de son côté, doit demander sa carte européenne d'assurance maladie pour rester couvert par le régime de protection sociale français. Si le stage se déroule en dehors de l'Union européenne, l'employeur doit obtenir, auprès de la chambre de commerce, de la chambre des métiers ou du CFA, un avis de mission permettant au jeune de conserver sa couverture.

Pendant la durée du stage, l'entreprise française continue de rémunérer son apprenti. « C'est la deuxième réserve évoquée par les patrons, car ils ont impression de «perdre» de la main-d'oeuvre », poursuit Lucien Boiché. Ils ont toutefois la possibilité de demander le remboursement à l'entreprise ayant temporairement accueilli l'apprenti. Ces dispositions doivent être négociées en amont et mentionnées dans la convention. « La plupart des dirigeants l'ignorent. Ce qui signifie, entre autres, que les CCI doivent se mobiliser pour informer et sensibiliser les entreprises », conclut Lucien Boiché.

@ FOTOLIA/BOZWORTHINGTON

EN savoir plus
Bourses de mobilité Leonardo: vous y avez droit!

Vous pouvez inscrire la mobilité de vos salariés dans le plan de formation de votre entreprise ou la faire financer au titre d'une période de professionnalisation. Les frais de déplacement, du séjour, de la vie sur place, ainsi que l'assurance de vos apprentis peuvent être pris en charge par les bourses Leonardo Mobilité. Ces aides concernent les jeunes en formation professionnelle, qui réalisent un stage de 2 à 26 semaines dans une entreprise européenne. Elles financent la mobilité des participants, la préparation pédagogique, linguistique et culturelle des participants. Le montant accordé étant fonction de la durée de la formation à l'étranger Il peut, par exemple, atteindre 350 e par semaine si le stage dure trois à quatre semaines. La demande de bourse doit être transmise au CFA dont vous dépendez. Certaines régions, à l'instar de l'Aquitaine et de l'Ile-de-France, versent une indemnité compensatrice aux employeurs et participent à hauteur de 40 e par jour de stage.