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Jeux-concours: un filon pour développer votre chiffre d'affaires

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Développement commercial. Les jeux-concours ont le vent en poupe. Organisés pour animer le point de vente et conquérir de nouveaux clients, les tombolas et loteries présentent de nombreux avantages. Mais attention, ces opérations marketing sont soumises à des règles strictes.

Attirer de nouveaux prospects, récompenser votre clientèle actuelle, développer vos ventes, ou encore promouvoir un produit... l'organisation de jeux-concours offre une véritable opportunité de business. Mais il y a certaines règles à respecter. « Avant le lancement de la tombola ou de la loterie, il faut obligatoirement rédiger le règlement du jeu et le déposer chez un huissier, qui validera alors la régularité de l'opération », explique Eric Cempura, juriste au sein de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP). Véritable colonne vertébrale du jeu, le règlement est une sorte de cahier des charges qui mentionne la société organisatrice, les étapes à suivre par les joueurs, les lots à gagner, ou encore la date de tirage au sort des vainqueurs. « Il n'y a aucune restriction en matière de durée, mais pour que les retombées soient bonnes, l'opération doit être ponctuelle. Et être effectuée lors du lancement ou de la promotion d'un produit, voire de l'anniversaire d'une boutique », poursuit le juriste.

Pour rester légales, une loterie ou une tombola doivent être gratuites et sans obligation d'achat. En effet, la loi du 21 mai 1836 prohibe les loteries qui demandent une contrepartie financière au joueur. Par conséquent, elles ne doivent être soumises à aucune obligation d'achat. « Un commerçant peut toutefois organiser une tombola qui repose sur un système de carte de fidélité. Le jeu-concours présente ici un caractère non lucratif. Il est donc autorisé par la loi », souligne Eric Cempura (CCIP). Attention: vous ne pouvez pas contraindre le joueur à renvoyer par courrier son bon de participation. En effet, vous n'avez pas le droit de lui faire supporter l'affranchissement postal. De la même façon, il est illicite de laisser à la charge du participant, dans le cas d'une loterie par téléphone, le coût de la communication. Toutefois, vous pouvez demander le paiement des frais d'envoi d'un lot. Car il ne s'agit pas d'une contribution financière pour participer au jeu.

« La présence d'un huissier n'est pas obligatoire pour le tirage au sort. Elle est cependant vivement recommandée dès lors que la valeur des lots mis en jeu dépasse quelques centaines d'euros », poursuit Eric Cempura (CCIP). Les tarifs pratiqués sont libres - entre 100 et 200 euros pour la participation au tirage - et dépendent de différents paramètres, comme la durée du jeu ou la complexité du règlement.

Choisir de beaux cadeaux

Une fois l'organisation du jeu-concours planifiée, réfléchissez à la dotation, afin d'attirer le plus de clients et prospects possibles.

Au lieu d'offrir un lot classique, mieux vaut constituer un partenariat avec une marque qui lance un produit au même moment. Par exemple, avant la sortie d'un DVD ou d'un appareil photo, voire lors du lancement d'un ordinateur ou d'un coffret-cadeau. Il est alors relativement «facile» d'obtenir gratuitement - ou à des tarifs préférentiels - certains produits. Vous pouvez aussi vous adresser aux offices de tourisme ou aux agences de voyages pour négocier des prix sur des destinations récemment incluses dans leur catalogue. outre l'animation de votre point de vente, un jeu-concours peut aussi vous permettre de constituer ou d'enrichir vos données clients. Pour ce faire, n'oubliez pas de conserver les bulletins de participation des joueurs et de vous servir de ces informations pour constituer ou compléter votre base de données. Elle peut prendre la forme d'un simple tableur: une ligne par client et une colonne pour chaque indication collectée. Ces informations stratégiques (nom, prénom, âge, e-mail, numéro de téléphone, adresse, catégorie socioprofessionnelle...) vous permettront de mieux cibler les besoins de votre clientèle, de communiquer en avant-première vos offres, vos promotions et vos nouveautés. Une démarche ludique et peu onéreuse qui vous permettra, à coup sûr, de tirer le gros lot.

@ FOTOLIA / ENRICO SPANU

Réglementation

Les associations aussi peuvent organiser des jeux-concours


Votre association de commerçants souhaite organiser une loterie? Vérifiez tout d'abord que votre organisme a pour activité principale «la bienfaisance, la pratique d'une activité sportive à but non lucratif ou l'encouragement des arts» (article 5 de la loi du 2 1 mai 1836). Seconde condition: vous ne devez mettre en jeu que des objets mobiliers et, en aucun cas, des sommes d'argent. Demandez ensuite un formulaire-type d'autorisation préalable auprès de la préfecture de votre département (ou le préfet de police pour Paris). Ce formulaire Cerfa est également disponible, la plupart du temps, en mairie. Outre les renseignements sur l'association, vous devrez mentionner le but et les modalités de l'opération: date et lieu du tirage, capital d'émission, nombre de billets, localités dans lesquelles les billets seront placés, nombre et nature des lots, affectation précise des bénéfices... A noter qu'il vous faudra aussi indiquer les loteries que vous avez précédemment élaborées (une association peut organiser au maximum trois loteries par an) et joindre le bilan du dernier exercice si le capital de la loterie dépasse 7 500 euros.

Témoignage

Yannick Le Huérou, 48 ans, boulanger à Ploumagoar (Côtes-d'Armor)


«Je ne souhaite pas que ma commune devienne une cité-dortoir et se vide peu à peu de ses commerces. » C'est pour cette raison que Yannick Le Huérou, boulanger installé dans une petite ville de 4 000 habitants près de Guingamp, a organisé en 2010 une tombola. Le but? Relancer ses ventes et attirer de nouveaux clients. Pour ce faire, le chef d'entreprise a mis en place un système très ingénieux de cartes de fidélité. Avec, à la clé, une voiture d'une valeur de 1 1 000 euros à gagner. « Chaque carte dispose de 60 cases que nous tamponnons dès l'achat d'une baguette, explique-t-il. Plus les clients fréquentent ma boulangerie, plus ils ont de bulletins dans l'urne et de chances d'être tirés au sort. » Au final, près de 2 000 cartes ont été remplies. Le commerçant a vu son chiffre d'affaires augmenter de 5 % et a enrichi sa base de données de 400 nouveaux clients. Pour financer cette initiative, et après avoir obtenu différentes remises de la part du concessionnaire, Yannick Le Huérou a déboursé un peu plus de 8 000 euros. « Je suis doublement satisfait. Cette opération a non seulement été rentable, mais j'ai surtout réussi à prouver que les centres commerciaux ne sont pas les seuls à frapper fort et à organiser des opérations marketing d'envergure », conclut-il.