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Hausse du forfait social: l'intéressement a-t-il un avenir?

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Le forfait social, qui pèse sur l'intéressement, est désormais de 20 % depuis le 1er août (contre 8 % précédemment). Cette hausse prend de court les dirigeants. L'intéressement reste-il avantageux pour les entreprises? Ou avez-vous plutôt intérêt à recourir aux primes classiques?

@ FROG 974 / FOTOLIA

La hausse du forfait social, qui s'applique sur l'épargne salariale et l'intéressement, a provoqué un tollé dans le monde des affaires. Il a été relevé de 8 à 20 %. Soit une hausse de 12 points. Conséquence directe: les charges des entreprises s'alourdissent puisque les dirigeants n'ont d'autres choix que de s'en acquitter. L'opposition redoute que les chefs d'entreprise ne se détournent de ce système de rémunération. Mais ces craintes sont-elles vraiment fondées? « Il faut relativiser l'impact de cette hausse. Cela ne remet pas en cause la performance fiscale de l'épargne salariale », explique Pierre-Alain Boscher, directeur de la protection sociale chez Optimind et Winter. Cette formule est d'autant plus avantageuse que l'intéressement reste non soumis aux cotisations sociales obligatoires. Les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient de surcroît, la première année, d'un crédit d'impôt de 30 %. « On est encore loin des 40 à 50 % des charges patronales qui existent sur les salaires. Il ne faut non plus oublier que la France est un des rares pays européens à proposer un système si avantageux », poursuit Pierre-Alain Boscher, directeur de la protection sociale chez Optimind et Winter.

Un outil de fidélisation

L'intéressement est bien plus attrayant qu'une prime classique. Concrètement, si vous versez une prime d'intéressement de 1 000 euros, le coût employeur s'élève à 1 200 euros (par application du forfait social) et le montant net disponible par salarié avoisine 920 euros. Pour une prime «classique», le coût employeur est de 1 400 euros et le montant net fiscal disponible pour le collaborateur avoisine 500 euros. De fait, les charges patronales s'élèvent ici à 40 %, les charges salariales à 25 % et la tranche, marginale, d'imposition est de 30 %.

Outre son avantage fiscal, cet outil constitue un véritable atout pour fidéliser les collaborateurs et les intéresser au résultat de l'entreprise. Le but étant de créer une émulation en vue d'améliorer les performances globales. Dans les petites structures, l'accord dépend de sa ratification par au moins les deux tiers des salariés. D'où la nécessité de leur expliquer les raisons de la mise en place de l'intéressement et de les convaincre de l'intérêt d'une telle formule. Ce dispositif est, par ailleurs, très souple. Si les accords sont négociés pour trois ans, les indicateurs peuvent évoluer chaque année pour s'adapter à de nouveaux objectifs managériaux. Ils peuvent être soit quantitatifs, calculés sur des éléments du bilan, soit qualitatifs. Ils sont alors basés sur des éléments liés à l'activité de l'entreprise, sur l'amélioration de la qualité des produits fabriqués ou du service client.

« Cette hausse n'empêchera pas les entreprises de mettre en place un système d'intéressement ou de le poursuivre même si les montants versés vont se réduire en raison du contexte économique», estime Olivier Defontenay, directeur du cabinet Debory, spécialiste de l'épargne salariale. D'autant que le dispositif a été assoupli l'été dernier. Les structures de moins de 50 salariés peuvent, jusqu'au 31 décembre, négocier avec leurs salariés des accords d'intéressement chaque année. Une mesure qui a notamment pour objectif d'inciter les plus réticents à expérimenter cette solution.