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Entrepreneurs et retraite: un fossé notable

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Seule une entreprise sur cinq affirme avoir mis en place un dispositif d'épargne retraite pour ses salariés. C'est ce que révèlent les résultats de l'enquête Swiss Life-LH2.

La réforme des retraites va-t-elle amener les entreprises à modifier leur gestion des ressources humaines? Si les dirigeants suivent de très près le débat actuel sur les retraites, ils assurent que cette question n'est pas, à ce jour, prioritaire. C'est ce que dévoile l'enquête Swiss Life-LH2 réalisée fin juillet et publiée le 10 septembre. Pour 77 % des dirigeants de TPE et de PME (de moins de 200 collaborateurs), la retraite des collaborateurs ne fait partie ni de leur stratégie d'entreprise, ni de leur politique des ressources humaines. Seule une entreprise sur cinq a mis en place un dispositif de retraite supplémentaire.

Principale cause de cette apparente frilosité? Le manque d'information et l'absence de sollicitations des collaborateurs. Qui plus est, près de sept dirigeants sur dix reconnaissent qu'ils ne sont pas en mesure de renseigner leurs salariés sur les différentes mesures. Selon les entrepreneurs, un cadre légal plus simple, des incitations sociales et fiscales plus élevées et moins opaques ainsi qu'une meilleure information les aideraient à développer l'épargne retraite.

Pour Jean-François Levionnois, président de l'institut LH2, un réel travail de pédagogie doit être entrepris. «Les dirigeants sont dans le flou quant au montant réel de leur retraite. 15 % d'entre eux ne savent pas ce qu'ils percevront, tandis que 37 % pensent qu'ils toucheront moins de la moitié de leur rémunération actuelle.» Eric Le Baron, directeur général de Swiss Life Assurance et Patrimoine, reste quant à lui confiant. Il assure que «le dialogue entre dirigeants et collaborateurs est amené à se développer car la sécurisation des retraites sera un critère distinctif des entreprises socialement responsables. A l'avenir, les TPE et PME en feront un outil d'attraction et de fidélisation des talents, un élément de rémunération au même titre que le salaire, l'assurance santé et la prévoyance. » L'étude ouvre également des pistes pour accompagner les chefs d'entreprise dans la mise en place de ces dispositifs. «Pour le dirigeant, l'assurance-vie peut être une bonne réponse à condition de prévoir une sortie en rentes et de sécuriser la gestion des placements », conclut Eric Le Baron.

Jean-François Levionnois LH2

« Les dirigeants sont dans le flou. 15 % d'entre eux ne savent pas ce qu'ils percevront lors de leur retraite, tandis que 37 % pensent qu'ils toucheront moins de la moitié de leur rémunération actuelle. »