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En partageant un local, ils mutualisent leurs coûts

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Stratégie. Jacques Motteau, propriétaire d'une rôtisserie, et Michel Galloyer, dirigeant d'une boulangerie, ont investi un même local à Angers. Et partagent ainsi certains frais d'installation et de communication.

 

La boulangerie et la rôtesserie se sont partagées les 250 m2 d'un ancien garage automobile.

La boulangerie et la rôtesserie se sont partagées les 250 m2 d'un ancien garage automobile.

Angers, quartier de Belle Beille, 20 h 30. Des clients pressés ressortent de la rôtisserie l'Oriflamme avec deux baguettes. La boulangerie qui la jouxte étant fermée depuis 19 h 30, Jacques Motteau, son propriétaire, s'est entendu avec Michel Galloyer, dirigeant du Grenier à Pain, pour rendre ce service aux clients tardifs. C'est l'une des facettes de leur collaboration amicale depuis leur ouverture commune en avril. Quelques mois plus tôt, les deux entrepreneurs avaient, l'un et l'autre, trouvé un local idéalement placé. Un seul obstacle: avec ses 250 m2, cet ancien garage automobile était trop grand. Le hasard les fait se rencontrer. Ils négocient ensemble chez le bailleur un prix global avec abandon du droit au bail. Et annoncent qu'il y aura deux exploitations distinctes et deux contrats de location. «Sans cette approche commune, nous n'aurions pu obtenir individuellement les conditions qui nous ont été faites», observent-ils. Le rapprochement initié a, depuis, été poursuivi. Et s'est concrétisé lors de l'installation, leur permettant de réaliser des économies. Les deux commerçants missionnent ainsi un même architecte d'intérieur, simplifiant de fait l'aménagement des deux magasins qui ne sont séparés que par une cloison vitrée. Un plus pour créer un agencement qui, sans altérer la charte graphique de chaque enseigne, offre une certaine unité. Les deux dirigeants s'entendent pour recourir aux mêmes artisans, facilitant ainsi les réunions de chantiers, accélé rant les décisions et amortissant plus facilement le surcoût d'un accès commun pour handicapés.

La mutualisation se poursuit avec l'édition, à 10000 exemplaires, d'un prospectus unique qui leur coûte seulement 500 Euros chacun. Ce qui permet d'augmenter l'impact de leur publicité. Christophe Esnault, cogérant de l'Oriflamme, trouve aussi à cette proximité des avantages indirects: partage de points de vue, convivialité, etc. Cette «association» a cependant des limites: «Nous n'avons pas créé de société commune ni de copropriété afin de pouvoir garder notre liberté en cas de départ de l'un ou de Vautre», observent les commerçants. Et les travaux d'aménagement ont été facturés à chacun au prorata de leur intervention. L'idée d'employer la même entreprise de nettoyage n'a pu être retenue, les normes d'hygiène pour la rôtisserie exigeant un personnel spécialisé. Quelques contraintes donc, mais infimes au regard des avantages.

Repères

- RAISON SOCIALE L'Oriflamme - Le Grenier à Pain
- ACTIVITE
Rôtisserie -Boulangerie
- VILLE Angers
- ANNEE DE CREATION 2007
- DIRIGEANTS Jacques Motteau, 53 ans et Christophe Esnault, 40 ans - Michel Galloyer, 59 ans
- EFFECTIF 4 salariés - 3 salariés