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Elle rouvre deux mois après un incendie

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Stratégie. Anne Bourlois est victime d'un incendie qui l'oblige à fermer son restaurant pendant deux mois. Grâce à la solidarité de ses clients et l'énergie de son environnement, elle a rouvert dans de bonnes conditions.

L'entreprise aujourd'hui

 

Autrefois jaunes, les murs sont devenus couleur coquille d'oeuf, avec de légères touches chocolat au lait. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Anne Bourlois, gérante du Vieux Comptoir, à Paris, est fière de la nouvelle décoration de son bistrot à vins. Elle ne se lasse pas de le faire visiter. «J'ai tout refait à mon goût, témoigne-t-elle. Je suis très contente du résultat.» Les clients aussi, apparemment. «Ils sont revenus, encore plus nombreux qu'avant», se plaît à répéter la restauratrice.

Sa crise

 

L'«avant» qu'elle mentionne, c'est la période qui précède le sinistre qui a détruit son restaurant. «C'était le mardi 13 mars 2007, en plein service, raconte-t-elle, aux alentours de 12 h 30.» Un court-circuit dans la cave déclenche l'incendie. Anne Bourlois aperçoit de la fumée qui remonte à l'étage. Prenant la mesure du danger, elle appelle immédiatement les pompiers, et demande à la trentaine de clients attablés de bien vouloir quitter la salle. Mais sans perdre ni son sang- froid, ni son humour: «Je leur ai dit que, bien évidemment, ils n'auraient pas a payer leur note.»

Comme le phénix, le Vieux Comptoir d'Anne Bourlois est ressuscité de ses cendres encore plus beau qu'auparavant.

Comme le phénix, le Vieux Comptoir d'Anne Bourlois est ressuscité de ses cendres encore plus beau qu'auparavant.

Les pompiers mettent près de cinq heures pour venir à bout de l'incendie et sécuriser le bâtiment. Les dégâts sont considérables. Les 4 500 bouteilles, d'une valeur de plus de 35 000 euros, qui se trouvaient dans la cave, sont détruites. L'électricité est à refaire, tout comme la plomberie et la peinture. En tout, entre les travaux et les pertes, l'estimation des dommages se chiffre à plus de 100000 euros. Financièrement, la situation est plus que délicate: les experts prévoient une fermeture pendant trois mois et demi sans rentrée d'argent mais, avec les salaires des cinq employés à payer. «La notion de chômage technique n'existe pas dans la restauration, et c'était un devoir moral de notre part de les leur verser», tient à souligner Anne Bourlois.

Son rebond

 

Malgré ces difficultés, la restauratrice ne cède pas au désespoir. «Soit je pleurais sur mon sort, soit je décidais d'en profiter pour repartir sur de nouvelles bases.» Elle choisit la seconde voie. «J'avais beaucoup d'idées, comme revoir la décoration, mais pas de temps pour les mettre en oeuvre. C'était l'occasion ou jamais.» D'abord, il lui faut trouver des financements, en attendant les remboursements des assurances. Elle trouve heureusement une oreille attentive chez ses deux banquiers, qui lui accordent un prêt de 30 000 euros et deux autorisations de découvert de 10000 et 15 000 euros. Ensuite, elle cherche à reconstituer sa cave. Grâce aux bonnes relations qu'elle entretient avec ses fournisseurs, ils lui permettent de se réapprovisionner sans avance de trésorerie. «Ils ont tous accepté que je les paie après la réouverture», souligne-t-elle.

Enfin, elle peut finalement rouvrir deux mois seulement après l'incendie. Avec la satisfaction de voir revenir ses fidèles clients. . . et d'en connaître de nouveaux.

Repères:

- RAISON SOCIALE
Au Vieux Comptoir
- ACTIVITE Restauration
- VILLE
Paris
- ANNEE DE CREATION 2001
- DIRIGEANTE Anne Bourlois, 36 ans
- EFFECTIF 5 salariés
- CA 2006 NC