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Commerce rural: la vitalité retrouvée

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On les disait moribonds mais, depuis une quinzaine d'années, les villages de moins de 2000 habitants tendent vers le renouveau. En accueillant notamment une population de commerçants urbains, à la recherche d'une plus grande qualité de vie.

@ GETTYIMAGES

En juillet 2005, Martine Labbat, 45 ans, saute le pas. De Paris à Sault-de-Navailles, dans le Béarn, elle quitte la capitale et son poste d'assistante de direction, pour se lancer dans l'aventure du commerce rural. Comme elle, près de sept millions de citadins envisagent de s'installer un jour durablement à la campagne. Certains pour y passer tout ou partie de leur retraite (19%), mais plus d'un tiers d'entre eux, soit près de 2,5 millions de personnes, pour y continuer leur vie professionnelle, créer ou reprendre une activité sur place. C'est le cas d'Yvon Walenne. Il y a deux ans, ce Belge de 52 ans repère une annonce pour reprendre une boucherie à Soursac, en Corrèze. Après quelques semaines de réflexion avec sa femme, il accepte de relever le défi: «Le magasin nous a tapé dans l'oeil», raconte-t-il. Il faut dire que la mairie, après avoir racheté le local, l'avait refait à neuf. Deux ans plus tard, sa boucherie se porte plutôt bien: le chiffre d'affaires a augmenté de 50% depuis l'ouverture et, signe que tout va pour le mieux, Yvon Walenne a embauché son fils pour travailler avec lui. Mieux même: sa fille de 16 ans va commencer, cet été, son apprentissage dans la boucherie paternelle.

Ce retour en force de la «ruralité», observable depuis le début des années 1990, est soutenu par une volonté politique farouche des maires des petites communes. C'est pour eux l'occasion de lutter contre la désertification de leurs villages. L'exemple de Rieutort-de-Randon, situé au beau milieu de la Lozère, est édifiant. Au début du XXe siècle, ce village comptait encore 1 500 habitants. En 1990, le chiffre passe en dessous de la barre des 600. Il est remonté aujourd'hui à plus de 800. «Stopper l' hémorragie démographique est notre priorité» , explique Nathalie Bonnal, adjoint administrative à la mairie.

Et cela passe par une politique globale et coûteuse, avec près de deux millions d'euros investis ces dernières années par la commune: pas de nouveaux habitants sans logements, sans école et sans commerces. Et pas de commerces viables, non plus, sans habitants. Ainsi, à Rieutort-de-Randon, un premier boucher a fermé ses portes, au début des années 1990. Inconcevable pour la mairie, qui rachète un local et l'aménage en boucherie. En 2001, Arminaldo Lopes, ancien salarié à Mende, s'y installe. Six ans plus tard, il est toujours là et ses affaires sont «plutôt bonnes». Une réussite qu'il doit à son seul savoir-faire: «Si la mairie se charge défaire revivre le village, c'est aux commerçants de réussir à faire venir les clients.»

Même son de cloche du côté de Gluiras, petit village ardéchois de 400 habitants. «Je veux faire venir des commerçants, plaide Alain Risson, maire depuis trente ans. Il est bon qu'ils investissent et prennent des risques. C'est une manière de les impliquer complètement dans l'aventure.» Depuis douze ans, Christian et Monique Gamet gèrent le restaurant Le Relais de Sully, dont les murs appartiennent à la mairie. «Mon mari et moi ne connaissions pas Gluiras, avoue Monique Gamet. Nous y sommes arrivés par hasard, après avoir lu une annonce dans un journal (voir l'encadré «Les opportunités d'affaires»). Cela correspondait à ce que nous recherchions: il y avait une école pour nos trois enfants, une possibilité de reprendre une affaire et un cadre de vie agréable. Si ces trois éléments-là n' avaient pas été réunis nous ne serions pas venus.» Seulement, les époux Gamet étaient bien conscients que le pari n'était pas gagné d'avance. «Gluiras est un petit village perdu dans la montagne, explique Monique Gamet. Notre seule chance, pour arriver à faire venir les clients, était de nous démarquer de ce qui se faisait ailleurs.» Ils se tournent alors vers une cuisine haut de gamme, basée sur des produits frais. «Sans cela, assure la restauratrice, jamais les clients ne feraient dix ou vingt kilomètres pour venir chez nous.» Mais sans le soutien énergique de la mairie, le succès n'aurait peut-être pas été au rendez-vous. Dès que l'occasion se présente, pour une fête ou une réception, le maire s'adresse au Relais de Sully.

A la loupe
Les aides auxquelles vous avez droit

- Si vous exercez dans une zone de revitalisation rurale (ZRR), destinée à aider au développement des territoires ruraux en difficulté:
- Exonération d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2004: à 100% pendant cinq ans, puis à 60% durant les cinq années suivantes, 40% pendant deux ans et 20% les deux années suivantes (soit 14 années d'exonération totale ou partielle).
- Exonération de taxe professionnelle, pendant cinq ans, en cas de création ou reprise d'activité commerciale ou artisanale. Avec quelques restrictions: cette exonération n'est valable que dans les communes de moins de 2 000 habitants, et si l'activité est exercée la première année avec moins de cinq salariés. Attention: toute entreprise cessant volontairement son activité en ZRR moins de cinq ans après la perception de ces différentes exonérations est tenue de verser les sommes qu'elle n'a pas acquittées.


- Grâce au Fisac (Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce), géré par le ministère en charge des PME, vous pouvez obtenir jusqu'à 50 000 euros de financement pour vos opérations de création, maintien, modernisation, adaptation ou transmission d'entreprise, dans les secteurs du commerce, de l'artisanat et des services. Renseignez-vous auprès de votre Chambre de commerce ou votre chambre de métiers.


- Chaque département est dépositaire d'un Fonds départemental d'adaptation du commerce rural (FDACR) dont l'un des objectifs principaux est de veiller au maintien d'une présence commerciale harmonieuse en zone rurale.

Jouer le jeu du commerce local

 

Cette implication des communes, de même que celle des villageois, semble donc logique. Pourtant, elle ne va pas toujours de soi. Marcel Martello, 50 ans, boucher à Salon-la-Tour en Corrèze depuis dix mois, en fait l'amère expérience: la curiosité des débuts a fini par s'estomper. «A mon arrivée, les habitants étaient ravis de me voir reprendre la boucherie. Mais, s'ils étaient tous là pour l'inauguration, ils ont ensuite très vite repris leurs habitudes, en se rendant au supermarché du coin.»

Salon-la-Tour est, en effet, situé à une demi-heure à peine en voiture de Brive et Limoges. Si cette situation géographique permet à la commune d'attirer de nombreux «néo-ruraux», c'est un drame pour Marcel Martello: beaucoup de villageois travaillent dans l'une ou l'autre des deux villes et ont encore le réflexe, avant de rentrer chez eux, de faire leurs courses dans les grandes surfaces. «Ils ne jouent pas le jeu du commerce local et je vais vers un échec», regrette-t-il. Résultat, le commerçant travaille douze heures par jour et gagne seulement 500 euros de salaire nets par mois. Dès le début, de lourds investissements - plus de 18 000 euros pour l'achat du matériel nécessaire à son activité - ont plombé sa trésorerie. Et son loyer - 440 euros par mois - n'a rien arrangé. Pour autant, si c'était à refaire, Marcel Martello choisirait encore d'exercer son métier en milieu rural. Mais il y réfléchirait à deux fois avant de poser ses bagages dans tel ou tel village. «Pour bien faire, analyse-t-il, il faudrait pouvoir exercer dans une zone sans concurrence dans un rayon d'une trentaine de kilomètres.»

Jean-Claude Maury, lui, a la chance d'être propriétaire de ses murs et du fonds de commerce. Depuis plus de trente ans, il tient une petite épicerie à Casneuil, dans le Lot-et-Garonne. Sa petite affaire lui vient de ses parents et, avant eux, de ses grands-parents. Bon an mal an, il gagne en moyenne entre 1 200 et 1 300 euros nets par mois. «Si je devais payer un loyer en plus des différents impôts et taxes auxquels je suis déjà assujetti, je ne m'en sortirais sans doute pas», concède-t-il.

Car les déceptions existent, même si les chiffres ne font pas état de difficultés plus grandes en milieu rural qu'ailleurs. C'est en tout cas ce qu'indique le taux de pérennité à trois ans des commerces ruraux auvergnats (62% contre 63% sur l'ensemble de la région, source Observatoire du commerce - Chambre régionale de commerce et d'industrie d'Auvergne). Si certains abandonnent purement et simplement, d'autres adoptent une nouvelle stratégie, comme Peter et Sophie Cross. D'abord installés sur une départementale entre deux villages, le couple et ses deux enfants ont dû délocaliser leur librairie anglophone dans la ville la plus proche, à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne) , faute de passage suffisant. «Je trouve très décevant de devoir bouger. J'espérais vraiment faire venir les gens. Mais si les Anglais, nombreux dans la région, se déplacent facilement, ce n'est pas le cas des Français», constate Sophie Cross.

Témoignage
Martine Labbat, gérante d'un tabac-presse

«J'ai quitté Paris pour le Béarn. Je ne regrette rien, bien au contraire»


La quarantaine? Un tournant dans la vie de Martine Labbat. «Je me suis posé la question de savoir ce que je voulais vraiment faire de ma vie», explique-t-elle. En 2005, elle décide de tout quitter. Exit son poste d'assistante de direction dans un grand groupe de presse basé à Paris. Place à une nouvelle vie sous le soleil du Béarn.
Mais changer de vie n'est pas toujours aisé. Pour subvenir à ses besoins, elle doit d'abord accepter un poste de vendeuse dans une librairie, loin de ce dont elle rêvait. Vient alors l'opportunité de reprendre un tabac presse, à Sault-de-Navailles, village de moins de 900 habitants, entre Pau et Orthez. Une partie de ses économies, issues de la vente de son studio parisien, est investie dans l'aventure: 35 000 euros pour l'achat des murs et du fonds de commerce, 9000 euros pour celui du stock, qu'elle doit compléter en confiserie et en papeterie. «J'ai tout payé cash, sans penser que je pouvais demander un crédit, avoue-t-elle. J'ai donc commencé sans aucun fonds de roulement, ce qui m'a valu quelques fins de mois difficiles.» Deux ans plus tard, le bilan est plus que positif. «J'ai réussi à multiplier le chiffre d'affaires par deux», se félicite-t-elle. Et même si Martine Labbat ne se verse toujours pas de salaire, puisque tout l'argent gagné est aussitôt réinvesti dans sa boutique, elle ne regrette rien: «Si c'était à refaire, je le referais. Sans hésiter.»

Repères

- RAISON SOCIALE
Tabac Presse Labbat
- VILLE
Sault-de-Navailles (Pyrénées-Atlantiques)
- DIRIGEANTE
Martine Labbat, 49 ans
- EFFECTIF
1 personne, plus 1 salariée le vendredi après-midi
- ANNEE DE CREATION 2005
- CA
270 000 Euros

Démarquez-vous de vos concurrents

 

A quoi sont dus ces échecs? Premier facteur incriminé: le manque de réalisme des néo-ruraux. André Marcon, président de la Chambre régionale de commerce et d'industrie (CRCI) de l'Auvergne, ne verse pas dans l'angélisme: «Je ne crois pas à un acte citoyen, mais à l'opportunisme des clients.» Puisque les petits commerçants ne peuvent rivaliser avec les prix pratiqués par les grandes surfaces, ils doivent se battre sur le service: «Les consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher si on les conseille», assure-t-il.

Parfois délicate, l'intégration est un second critère crucial. Gérard Keller, venu de Strasbourg avec sa femme, est installé depuis trois ans dans le bar-restaurant de Sainte-Honorine-la-Guillaume (Orne). Il se déclare pour sa part plutôt satisfait. Son secret? Adaptation et savoir être: «Le lien social est essentiel: il faut être ouvert, souriant et aimer discuter.» Un avis partagé par Sylvie le Calvez, rédactrice en chef du bimestriel Village Magazine, et cofondatrice du collectif Ville-Campagne, association loi 1901 travaillant sur la problématique de l'installation en milieu rural: «Il faut s'impliquer dans le tissu local, par exemple en s' inscrivant dans une association type comité des fêtes ou avoir la chance d'arriver à un moment où la commune s'inscrit dans une action fédératrice.»

Pour favoriser le lien social et professionnel, Bernard Farinelli conseille aussi dans son ouvrage Quitter la ville, mode d'emploi, de «travailler en complémentarité commerciale». Par exemple, si vous tenez un restaurant, en aidant au remplissage des gîtes voisins ou en nouant des liens avec un producteur local.

D'autres solutions existent pour assurer la pérennité de votre commerce, même si elles ne sont pas miraculeuses. Il est ainsi possible d'étendre son offre afin de satisfaire au mieux la demande tout en générant un complément de revenu. C'est la raison d'être des Points multiservices (PMS). Installés dans les commerces d'alimentation générale, bars, restaurants... des villages de moins de 2000 habitants, ils associent une gamme de services tels que point retrait argent, point Poste, informations touristiques à un espace multimédia (ordinateur avec accès à Internet, fax, photocopieur): «Ce n'est pas forcément très lucratif, reconnaît André Marcon de la CRCI Auvergne, mais cela crée un flux de clients.» Les PMS Pour vous renseigner, rendez-vous sur le site www.pointmultiservices.com existent dans 21 départements et bénéficient de subventions. Par exemple, en Auvergne, la création d'un PMS coûte 5 185 euros TTC, mais le commerçant doit en payer seulement 20%, le reste étant pris en charge par la région et le département.

Il est également essentiel de soigner votre arrivée. En informant non seulement les habitants de votre commune, mais aussi toute la zone de chalandise de votre commerce. A Sanry-lès-Vigy (Moselle), Christelle Ermann et Stéphane Sigaud ont ouvert en octobre dernier un commerce multiservice, La Maison du Berger. Ils n'ont pas hésité à distribuer des prospectus dans les villages environnants. Ce jeune couple a aussi bénéficié des retombées médiatiques d'une inauguration officielle dans les journaux locaux ainsi que dans l'édition régionale de France 3. Pour le maire de la commune, André Stemart, présent lors de la manifestation, il est important de «faire du bruit» au moment de l'ouverture d'un point de vente: «Plus on en parle, plus on attire du monde. Les gens viennent d'abord en curieux, puis reviennent, si la qualité de service est au rendez-vous.» Ce qui n'empêche pas les commerçants de devoir faire preuve de dynamisme. Les gérants de La Maison du Berger ont ainsi mis en place des animations: réveillon de la Saint Sylvestre, galette des rois... et proposent régulièrement des repas à thème. L'adaptabilité est, en effet, une des clés de réussite du commerce en zone rurale. «Au début, on ouvrait le bar à 7h30, mais personne ne venait», témoigne Gérard Keller, de Sainte-Honorine-la-Guillaume. En fait, le village commence à vivre à 9 heures, une fois que l'école a ouvert ses portes. Du coup, l'ancien strasbourgeois a adapté ses horaires d'ouverture et ses jours de fermeture aux rythmes locaux.

Témoignage
Christine Autin, gérante d'un multiservice en franchise

«Nous sommes situés sur un axe passant»


Christine et Claude Autin sont installés depuis quatre ans à la Chapelle Caro, un village de 1 250 habitants au coeur du Morbihan et gèrent un Proxi, une enseigne de proximité du groupe Carrefour. Ils s'avouent satisfaits: «En 2006, nous avons augmenté notre chiffre d'affaires de 10% et cette année nous partons sur la même lancée», constate la gérante. Pourtant lorsqu'ils sont arrivés, rien n'était gagné puisqu'il s'agissait d'une création: «Cela ne nous a pas fait peur», explique la commerçante qui a bénéficié de l'aide à l'ouverture de Proxi. Auparavant gérants d'une station- service qui proposait une gamme alimentaire à La Baule (Loire-Atlantique), le couple n'a pas eu besoin de la formation initiale proposée par l'enseigne et s'est très vite intégré: «On accueille beaucoup de clients du village, surtout des personnes âgées qui font leur plein. Les plus jeunes, eux, achètent plutôt des produits occasionnels. Comme nous sommes situés sur un axe passant, les gens traversent aussi le village pour emprunter la quatre voies.» Leurs principaux atouts? «Accueil, écoute et propreté.»

Repères

- RAISON SOCIALE
Proxi
- VILLE
La Chapelle Caro (Morbihan)
- DIRIGEANTE
Christine Autin
- EFFECTIF
2 personnes
- CA
270 000 Euros HT

Des aides en amont

 

Pour ceux qui redoutent le moment de l'intégration, une préparation s'impose. N'hésitez pas à rencontrer des confrères: ils pourront vous faire part de leur expérience. Différentes associations interviennent également en amont des projets et parfois aussi, en aval. C'est le cas du Sicler (Secrétariat d'information des collectivités locales et régionales) qui effectue une sélection des candidatures, par téléphone et sur dossier, accompagne l'entrepreneur et suit son parcours durant la première année. Résultat: depuis 1996, sur 250 installations accompagnées par l'association, 75% ont été pérennisées selon le Sicler.

Autre appui: Relance (Relais local animation Cévennes), service interconsulaire mis en place à l'initiative, notamment, des CCI du Gard et de la Lozère. Il a pour mission principale de maintenir des activités en milieu rural, grâce à la transmission - reprise d'entreprises: «Nous intervenons souvent très en amont, explique Cécile Caillol, responsable de l'antenne d'Alès (Gard). Nous accueillons les entrepreneurs, les aidons à définir leur projet et leur fournissons des contacts. Dès qu'ils s'avèrent fructueux, nous les orientons vers les CCI.»

Certaines régions veillent également à accompagner les commerçants qui se lancent dans l'aventure. Le Limousin, acteur historique, s'est doté d'une structure d'accueil performante et d'une formation complète de 20 jours sur trois mois, conciliant théorie et pratique, et comprenant la rencontre des acteurs locaux. «Les stagiaires sont sélectionnés sur dossier et entretien. Nous validons l'avancement du projet, son adéquation avec notre formation ainsi que la motivation», explique Eva Corral, chargée de mission au service accueil.

Enfin, d'autres initiatives existent. La Foire à l'installation en milieu rural de Limoges constitue ainsi un temps fort pour les porteurs de projet. Organisée tous les deux ans, la quatrième édition se tient les 1er et 2 juin et met en relation territoires ruraux et candidats. Plus régulièrement, le collectif Ville-Campagne, coorganisateur de la Foire, initie, tous les deux mois, à Paris, une session d'information. Dans tous les cas, rappelle Olivier Dénouai, chargé de mission au Collectif, «entre l'idée et l'installation, il s'écoule en moyenne deux ans». La réussite de votre installation, elle, peut prendre beaucoup plus de temps...

Pratique
Cinq conseils pour réussir son installation

Choisissez votre région en fonction de son adéquation avec votre projet professionnel.

Réfléchissez avant de prendre votre décision: vous engagez non seulement votre vie, mais celle de votre conjoint, vos enfants... Impliquez l'ensemble de la famille dans votre décision et vérifiez les services existants (école, garderie, bus, loisirs).


Pensez votre projet sous l'angle économique: êtes-vous sûr de (bien) gagner votre vie? Vos produits dégagent-ils suffisamment de marge? Les volumes sont-ils suffisants pour négocier avec les fournisseurs des contrats intéressants?

SUR LE WEB
Les opportunités d'affaires

- www.ccible.fr: la base d'annonces des CCI
- www.transcommerce.com: bourse d'opportunités qualifiées des CCI
- Le bimestriel Village Magazine publie des petites annonces. Il est en vente sur www.village.tm.fr
- www.demain.fr: le site Internet de la chaîne TV
- L'association Sicler I propose des offres de reprise sur www.sicler.com

A SAVOIR
La formation, une étape incontournable

Les chambres de commerce apportent un soutien indispensable aux commerçants qui s'installent: la formation. Certaines sont communes à tous les porteurs de projet, avec une sensibilisation d'une demi-journée et une session intitulée «5 jours pour entreprendre» parcourant les étapes de la création. Au-delà, quelques chambres mettent en place des modules spécifiques, en association avec les collectivités locales. C'est le cas, par exemple, en Auvergne, avec les Sessions d'Accueil d'Actifs destinées notamment aux commerçants qui souhaitent s'installer en milieu rural.