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A 50 ans, elle ose se lancer à son compte

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Après une vie de salariée, Sylvie Ingrand saute le pas de la création d'entreprise. Elle a ouvert une boutique d'objets de décoration venus du monde entier, véritable caverne d'Ali Baba en plein coeur de Paris.

Sylvie Ingrand aime faire voyager ses clients à travers des objets du monde entier.

@ Faustine Sappa

Sylvie Ingrand aime faire voyager ses clients à travers des objets du monde entier.

Village Saint-Paul, à Paris. Il est 7 h 30, Sylvie Ingrand réceptionne une livraison de kilims contemporains pour sa boutique Patch'World Etc. Elle vérifie sa commande en inspectant de près ces tapis turcs en laine, doublés de flanelle et dont les coloris sont obtenus à partir de teintures végétales. C'est justement le travail original et soigné d'un designer turc qui lui a donné l'envie de commercialiser ses produits. «Lors d'un voyage en Turquie, j'ai eu un véritable coup de foudre pour ses tapis, raconte-t-elle. Je l'ai convaincu d'ouvrir un point de vente en France.»

Aussitôt rentrée, Sylvie Ingrand entame une étude de , marché et n'hésite pas à s'entourer d'experts pour valider le réalisme de son projet. Celui-ci voit le jour à peine cinq mois plus tard. Peu après l'ouverture de sa boutique, elle choisit d'étendre sa gamme de produits à des objets venant des quatre coins du monde, afin de toucher une clientèle plus large, notamment les jeunes couples du quartier et les professions libérales, friandes de ce style de décoration. «Patch'World Etc. ressemble à un univers de coups de coeur. C'est une boutique melting-pot», lance-t-elle.

L'âge n'a pas été un frein

 

Après avoir occupé divers postes à responsabilités, que ce soit acheteuse dans un grand magasin ou productrice dans l'audiovisuel, Sylvie Ingrand se retrouve au chômage, à 50 ans. C'est le moment des remises en question. «Les propositions d'emplois se faisaient rares, se souvient-elle. La première raison qui m'a poussée à créer ma propre structure, outre le besoin de retravailler rapidement, a été l'envie défaire partager mon enthousiasme à mes clients, qu'ils voyagent à travers mes produits.» Contrairement à ce que l'on pourrait croire, son âge n'a pas du tout été un frein à la création de sa boutique. «Mon banquier a même été rassuré par mon passé professionnel /, sourit la nouvelle commerçante. J'ai apporté 9000 euros en fonds propres, complétés par un Prêt à la création d'entreprise de 2 000 euros et un prêt bancaire de 4100 euros.» Sylvie Ingrand a ouvert sa boutique dans un local commercial géré par la mairie, bénéficiant ainsi d'un loyer inférieur au prix du marché. Aujourd'hui, cette ancienne salariée se dit plutôt satisfaite de cette reconversion. Et invite volontiers les porteurs de projets à suivre son exemple: «Il faut éviter de trop intellectualiser son projet. Quand tous les feux sont au vert, il faut se lancer tout de suite.»

Parcours

- 1972
BTS commercial.
- 1972-1996
Elle est assistante de production de films publicitaires et pour le cinéma.
- 1986-1988
Elle travaille dans une librairie pour enfants.
- 1988-1989
Elle est acheteuse pour un grand magasin.
- 2001-2003
Elle enchaîne les petits boulots.
- 2004
Elle ouvre sa boutique.

Repères

- RAISON SOCIALE
Patch'World Etc.
- ACTIVITE
Cadeaux, décoration
- VILLE
Paris, IVe arrondissement
- DATE DE CREATION
Juillet 2004
- DIRIGEANTE
Sylvie Ingrand, 53 ans
- EFFECTIF
1 personne
- CA 2006
55 000 euros

Mot clés : euro |

Faustine Sappa