Mon compte Devenir membre Newsletters

22, v'la les commissaires au redressement productif!

Publié le par

Disséminés sur l'ensemble du territoire, les 22 commissaires au redressement productif, fraîchement instaurés par le ministre Arnaud Montebourg, sont des interlocuteurs de choix pour les entreprises susceptibles de rencontrer des difficultés. S'ils peuvent être sollicités par les PME, ils sont aussi censés anticiper ces difficultés.

Le 13 juin 2012, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, crée 22 postes de commissaires au redressement productif (CRP) dans chacune des régions de France métropolitaine. Nommés le 2 juillet dernier, ils agissent auprès des préfets de région. «Fédérer les efforts de l'Etat, des collectivités territoriales et des opérateurs publics pour favoriser la sauvegarde des entreprises avant que leur situation ne soit trop dégradée», tel est leur ordre de mission. Le déploiement de ces CRP est censé permettre à l'Etat d'être plus réactif et plus efficace pour accompagner les entreprises en difficulté et préserver les emplois. L'une des missions de ces CRP est d'accompagner les entreprises en difficulté en leur proposant des solutions pérennes. Votre principal client connaît des difficultés, votre trésorerie s'amenuise, des marchés semblent se fermer de manière injustifiée? Entrez en contact avec votre commissaire... Il sollicitera son réseau, jouera de son influence et de sa connaissance des dispositifs techniques pour désamorcer la situation. N'attendez pas le dernier moment: le CRP n'est pas un acteur de la dernière chance. En effet, le commissaire et son équipe (quand il en a une) sont là pour éviter aux entreprises de moins de 400 salariés de s'enfermer dans une situation difficile.

Un médiateur qui conseille sur les dispositifs à mettre en oeuvre

Même si les CRP sont déjà allés à la rencontre des entreprises sur le terrain, leur champ d'action reste flou et se précisera dans les mois à venir. Ce qui est sûr, c'est qu'ils joueront un rôle pivot. Capables de mobiliser des outils de diagnostic existants et de fédérer les actions de différentes entités sur le terrain (collectivités publiques, instances bancaires, etc.), ils n'auront pas la faculté d'opérer sur l'entreprise elle-même, sur ses créanciers ou sur ses clients. Ils agissent comme médiateurs et experts, vous orientant vers les dispositifs à mettre en oeuvre pour gérer ou anticiper les crises. Chaque commissaire anime sa «cellule régionale de veille et alerte précoce». Cette dernière est composée de représentants de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi), de la DRFIP (Direction régionale des finances publiques), de la Banque de France, de l'Urssaf et des sous-préfets d'arrondissement, avec la participation, selon les dossiers, d'opérateurs publics, des dispositifs de médiation et de collectivités locales. Grâce à cette commission, le CRP peut détecter les impayés et retards de paiement, et contacter les entreprises qui connaissent des difficultés avant qu'elles n'en fassent la demande.

Besoin des lumières de votre CRP? S'il est à la disposition des chefs d'entreprise de sa région, il n'a pas véritablement vocation à être «sollicité». Il n'existe pas de procédure spécifique, de dossier à remplir et à compléter. La plupart des commissaires peuvent être contactés par téléphone ou par courrier électronique. Il n'existe pas de commission spécifique pilotée par le commissaire pour étudier votre cas. Les relations sont informelles, ce qui ne signifie pas qu'elles soient inutiles, bien au contraire. Comme l'explique Patrick Greliche, qui vient de prendre ses fonctions dans la région Limousin, « l'exercice de notre mission s'inscrit dans une démarche proactive. Bien sûr, les chefs d'entreprise en difficulté peuvent nous contacter, mais notre ambition, c'est d'aller à la rencontre des entreprises avant même que les difficultés ne se fassent ressentir. »

1/ 3E = Entreprises, Emploi et Économie

Trois questions à ... Patrice Greliche, directeur de la Direccte et commissaire au redressement productif pour la région Limousin

Quelles sont les spécificités de votre mission en tant que commissaire au redressement productif?
Le contexte a mis de nombreuses entreprises en difficulté. Pour les plus grosses (celles de plus de 400 salariés), il existe déjà des dispositifs. Ma mission consiste, en misant sur une implantation régionale, en une veille attentive permettant de détecter au plus tôt des problématiques locales, afin de trouver des solutions pour les entreprises en difficulté, mais aussi pour accompagner les projets de développement de structures qui vont bien!
Comment comptez-vous agir auprès des entreprises?
Nous souhaitons aller au-devant des entreprises avant qu'elles ne connaissent des difficultés. En utilisant les informations dont nous disposons, en exploitant les outils de prédiagnostic, nous comptons tout mettre en oeuvre pour éviter le redressement judiciaire.
De quels outils ou moyens spécifiques êtes-vous doté?
Notre structure est intégrée à la Direccte. Le commissaire au redressement productif n'a pas de moyens financiers, techniques ou humains particuliers, mais nous avons le savoir-faire pour mobiliser tous les dispositifs existants, et c'est bien là que nous comptons faire la différence.